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Française des Jeux : pas de gros lots pour les gogos ?

La FDJ aurait manipulé le hasard dans ses jeux de grattage.

La FDJ aurait manipulé le hasard dans ses jeux de grattage. - -

Un nouveau témoin voulant « briser l’omerta » pourrait être entendu dans le procès qui oppose Robert Riblet à la Française des Jeux. L’homme accuse l’entreprise d’avoir manipulé le hasard dans ses jeux de grattage.

La Française des Jeux (FDJ) a-t-elle manipulé le hasard, comme l’accuse Robert Riblet ? L'ingénieur à la retraite de 67 ans a déposé plainte en 2006 contre la FDJ, estimant que la détermination et la répartition des gains n'avaient rien d'aléatoire. Ce mardi, la justice doit se prononcer sur l’audition d’un nouveau témoin qui assure vouloir « briser l’omerta ».

33 000 euros de jeux pour prouver ses dires

Si Robert Riblet est autant déterminé, c’est sans doute parce qu'il a payé de sa personne pour mener à bien son enquête. Après avoir interrogé quelque 1 500 détaillants et dépensé 33 000 euros en jeux Vegas, Blackjack et consorts pour étayer ses dires, Robert Riblet s'est aperçu que les tickets n'étaient pas répartis au hasard, mais par livret de 50. Dans trois livrets sur quatre, il n'existait qu'un seul « gros lot » supérieur ou égal à 20 euros, les autres tickets étant soit perdants soit porteurs de montants « dérisoires ». Ce système a entraîné, selon lui, des dérives, certains buralistes et joueurs ne piochant plus dans les livrets ayant déjà fourni le précieux ticket gagnant afin d'augmenter leurs chances de gagner.

« Des joueurs perdants d’avance »

Selon le témoin, un ancien employé d'un courtier mandataire de la FDJ, que Robert Riblet veut faire témoigner au procès, le système était « minutieusement programmé par la FDJ » pour « doper les ventes » et « faire toujours plus de chiffres d'affaires ». « La grande majorité des détaillants vendaient aux joueurs lambda des tickets qu'ils savaient être des tickets perdants d'avance ou seulement porteurs de ces petits lots destinés à faire rejouer », assure cet homme qui a souhaité garder l'anonymat et demande de « briser l'omerta ». « A l'exception des bons clients, initiés, et des membres de familles de détaillants, la grande majorité des joueurs était dans l'ignorance totale de ces programmations qui faisaient d'eux des joueurs perdants d'avance », affirme-t-il.

Le témoin, un ancien mandataire de la FDJ

Selon Robert Riblet, le courtier mandataire et la FDJ disposaient « d'un listing informatique de traçabilité des seuls lots intéressants contenus dans ces livrets ». Ce témoin potentiel avait été licencié à la suite d'un accident du travail par son employeur qui lui avait reproché des « absences répétées » et un « comportement provocateur ». Devant la justice, la rupture du contrat de travail avait finalement été reconnue comme « abusive » et l'employeur avait été condamné à lui verser des indemnités.

Tugdual de Dieuleveult avec AFP