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En deux ans, au moins 267.000 victimes d'atteintes sexuelles dans les transports en commun 

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Image d'illustration - ALAIN JOCARD / AFP

Dans 85% des cas, les victimes de ces agressions dans les transports en communs sont des femmes.

Au moins 267.000 personnes, "essentiellement des femmes", ont été victimes d'atteintes sexuelles en 2014 et 2015 dans les transports en commun, selon une estimation "basse" de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) publiée ce mercredi.

"Près de 160.000 personnes ont subi des gestes déplacés (notamment des baisers forcés ou des caresses), plus de 110.000 ont subi des exhibitions et plus de 16.000 ont subi d'autres actes tels que des attouchements sexuels, des rapports sexuels ou tentatives de rapports sexuels non désirés", note l'ONDRP, en précisant que 44% d'entre elles ont été victimes de plusieurs atteintes.

Les victimes sont des femmes dans 85% des cas

Dans 85% des cas, les victimes sont des femmes et pour deux tiers d'entre elles le caractère sexuel de l'agression implique un contact physique avec l'auteur. Selon l'étude, les hommes sont "essentiellement exposés à des cas d'exhibition".

Plus d'une femme victime d'atteintes sexuelles dans les transports en commun sur deux est Francilienne (60%), la quasi-totalité des victimes (94%) ne connaît pas les auteurs des atteintes, poursuit l'étude, relevant que "les jeunes femmes" sont particulièrement exposées.

Certaines personnes développent des "stratégies de contournement"

Il s'agit de l'une des premières études sur ce phénomène qui modifie considérablement la "pratique ou tout du moins l(a) perception de l'espace public" des femmes, explique l'ONDRP, soulignant que certaines développent des "stratégies de contournement" pour éviter d'être victimes.

Ce phénomène "pourtant traumatisant pour les victimes" reste mal connu, ce qui contribue à banaliser ces actes, souligne l'ONDRP. Mi-octobre, Emmanuel Macron avait annoncé la création d'un "délit d'outrage sexiste" passible d'une amende "dissuasive" contre le harcèlement de rue. La future police de sécurité du quotidien (PSQ), qui doit être expérimentée à partir de janvier, "aura dans ses priorités la lutte contre le harcèlement et en particulier dans les transports".

S.Z avec AFP