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Boues rouges: plusieurs recours en justice contre la dérogation accordée à Alteo

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- - Des militants de Greenpeace protestent contre l'usine Alteo de Gardanne en octobre 2016 BORIS HORVAT / AFP

Plusieurs associations écologistes ont saisi le tribunal administratif de Marseille pour contester la dérogation accordé par l'Etat à l'usine Alteo de Gardanne (Bouches-du-Rhône) pour mettre ses rejets liquides aux normes.

Sea Sheperd, Surfrider et la Ligue de protection des oiseaux (LPO) demandent l'annulation "pure et simple" de l'arrêté préfectoral du 28 décembre 2015, qui accorde un délai de 6 ans à l'usine Alteo de Gardanne pour mettre ses rejets liquides aux normes, après 50 ans de rejets de "boues rouges" polluantes en Méditerranée.

L'association France Environnement (FNE) demande quant à elle une réduction du délai de dérogation de six ans accordé par l'Etat à l'usine Alteo pour mettre ses rejets aux normes, écrit-elle dans un communiqué. 

"L'industriel et ses prédécesseurs ont rejeté depuis 1967 pas moins de 20 millions de tonnes de boues toxiques dites boues rouges", dans les calanques entre Marseille et Cassis. La pollution continue, le préfet ayant accordé pour 6 ans une dérogation aux valeurs limites de rejets. Les dépassements autorisés atteignant parfois des valeurs 1.000 fois supérieures aux seuils imposés par la loi" estime la FNE.

"Situation d'urgence pas assez caractérisée"

En février 2016, le tribunal administratif a rejeté un référé déposé par ces associations, qui demandaient la suspension de l'arrêté préfectoral autorisant durant six ans les rejets en mer de l'usine d'alumine Alteo de Gardanne (Bouches-du-Rhône).

Le tribunal avait estimé que "la situation d'urgence alléguée par les associations requérantes n'était pas suffisamment caractérisée". Le juge a considéré que "les études et mesures complémentaires menées en 2015 sur le milieu marin" n'avaient "pas mis en évidence" de danger "sous l'empire de l'ancien procédé industriel, pourtant beaucoup plus polluant".

La question des boues rouges avait créé une polémique entre le Premier ministre de l'époque Manuel Valls et la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal. Mme Royal avait désapprouvé la décision d'autoriser de nouveau le rejet d'effluents, qui a selon elle été prise par le préfet sur "ordre" direct de Manuel Valls. 

G.D. avec AFP