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Ariège: un maire interdit les randonnées en invoquant la présence d'ours

Portrait d'un ours brun (image d'illustration)

Portrait d'un ours brun (image d'illustration) - JEAN CHRISTOPHE VERHAEGEN

Alors qu'une cinquantaine d'ours sont recensés dans les Pyrénées, un maire d'Ariège émet un interdit de randonnée, invoquant la présence menaçante d'ours dans la zone.

Le maire d'Ustou, Alain Servat, opposé à la présence de l'ours dans les Pyrénées, a interdit jeudi la randonnée sur la portion du massif surmontant sa commune, en Ariège, invoquant une présence menaçante de plantigrades dans la zone.

"Tous les soirs, des troupeaux subissent des attaques, on en est à 80 brebis reconnues comme prédatées. Et là, cette nuit, de minuit à 6 heures, quatre ours n'ont pas cessé d'attaquer des troupeaux sur l'estive du Col d'Escots, tout près de la cabane", a affirmé le maire pour justifier son arrêté.

"La bergère s'est trouvée en danger, les agents effaroucheurs de l'OFB (Office français de la biodiversité) ont eu beaucoup de mal à les repousser, ils n'y sont pas arrivés, d'ailleurs", a-t-il ajouté.

Dans l'attente d'un communiqué de la préfecture

Invoquant une menace pour les humains, il a interdit la randonnée dans les secteurs frontaliers avec l'Espagne, qui surplombent le cirque de Cagateille, très fréquenté par les marcheurs en cette saison. La préfecture a décliné tout commentaire dans l'immédiat, annonçant un communiqué pour plus tard dans la journée. Elle avait par le passé demandé à plusieurs reprises le retrait d'arrêtés pris par le même élu interdisant de façon symbolique la divagation des ours sur le territoire communal. La zone fait partie de celles où la préfecture a autorisé début juillet des procédures d'effarouchement renforcé - allant jusqu'à des tirs non létaux- qui peuvent être menés par des agents de l'OFB pour protéger les estives des prédateurs.

Un ours retrouvé tué par balle dans cette commune

C'est également sur le territoire de la commune qu'un ours mâle de quatre ans avait été découvert tué par balles le 9 juin. L'Etat a porté plainte, ainsi que 20 associations qui ont réclamé le remplacement de l'ours tué, conformément à la réglementation, mais l'enquête n'a jusque-là pas abouti.
L'affaire a exacerbé le conflit qui oppose les défenseurs de la présence ursine aux éleveurs, depuis que l'État a entamé fin des années 90 le repeuplement des Pyrénées en ours, en respect de ses obligations européennes. Une cinquantaine de spécimens est désormais recensée sur le massif, un nombre invoqué par l'État pour geler le programme de réintroduction, mais jugé insuffisant par les écologistes pour assurer la survie du peuplement.

B.F. avec AFP