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Scientifiques et entrepreneurs réclament l'interdiction des "robots tueurs"

Un faux robot tueur en plein Londres le 23 avril 2013, lors du lancement d'une campagne contre cette technologie.

Un faux robot tueur en plein Londres le 23 avril 2013, lors du lancement d'une campagne contre cette technologie. - Carl Court - AFP

Plusieurs milliers de chercheurs et personnalités, dont le célèbre astrophysicien britannique Stephen Hawking et le cofondateur d'Apple Steve Wozniak, ont lancé mardi un appel pour l'interdiction des armes offensives autonomes ou "robots tueurs".

"Les armes autonomes choisissent et frappent des cibles sans intervention humaine (..) elles ont été décrites comme la troisième révolution dans la pratique de la guerre, après la poudre et les armes nucléaires", relèvent les signataires dans une lettre ouverte, publiée à l'ouverture de la Conférence internationale sur l'intelligence artificielle (IJCAI) à Buenos Aires.

"La technologie de l'intelligence artificielle (IA) a atteint un point où le déploiement de ces systèmes est, pratiquement sinon légalement, faisable non dans les décennies mais dans les années à venir", ajoutent les nombreux chercheurs et professeurs signataires, de Harvard, Berkeley et Cambridge à Liège (Belgique), Paris ou l'université Humboldt de Berlin.

Le milieu scientifique inquiet

Le célèbre entrepreneur de hautes technologies Elon Musk - patron de Tesla, SolarCity et SpaceX - le Prix Nobel de Physique Frank Wilczek et le cofondateur de Skype, Jaan Tallinn, figurent aussi parmi les signataires.

Ces robots tueurs, qui pourraient prendre la décision de tuer sans contrôle humain inquiètent de plus en plus ONU, scientifiques et défenseurs du droit humanitaire. Deux réunions d'experts se sont déjà tenues à Genève sur ce sujet dans le cadre de la Convention de l'ONU sur certaines armes classiques.

Leurs détracteurs redoutent qu'ils ne soient pas capables de faire la différence entre civils et combattants ou programment des attaques aux effets disproportionnés sur les populations. Ces armes du futur peuvent intéresser les militaires car elles réduisent le risque de pertes humaines sur le champ de bataille, mais elles "abaissent aussi le coût d'un engagement au combat" et laissent présager une nouvelle course aux armements, relèvent les signataires.

Une interdiction d'armes qui n'existent pas encore ne serait pas sans précédent. En 1998, les lasers aveuglants ont été interdits avant d'avoir été développés à grande échelle.

la rédaction avec AFP