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La liste noire de Greenpeace des centrales nucléaires à "fermer en priorité"

La centrale nucléaire de Fessenheim.

La centrale nucléaire de Fessenheim. - -

L'ONG a désigné jeudi les cinq centrales nucléaires à "fermer en priorité" après avoir analysé leur vulnérabilité et les conséquences économiques potentielles d'un accident.

Greenpeace a mené une étude pas vraiment rassurante deux années après la catastrophe de Fukushima qui a traumatisé le Japon. Selon l'ONG, quatre centrales françaises sont encore plus dangereuses que celle de Fessenheim, que François Hollande a promis de fermer d'ici 2017.

Greenpeace a désigné jeudi quatre autres centrales nucléaires à "fermer en priorité" après avoir analysé, pour les 19 sites français, leur vulnérabilité et les conséquences économiques potentielles d'un accident.

Outre Fessenheim (Haut-Rhin), Greenpeace a inscrit sur sa liste noire les sites du Blayais(Gironde), du Bugey (Ain), de Gravelines (Nord) et du Tricastin (Drôme).

Action coup de poing à Fessenheim

Jeudi matin, à l'aube, une dizaine de militants de Greenpeace ont déjoué la surveillance pour projeter sur la centrale de Fessenheim deux textes grâce à de puissants projecteurs.

"Pourquoi seulement moi?" pouvait-on lire durant une dizaine de minutes sur l'un des réacteurs de Fessenheim alors que la liste des centrales jugées dangereuses était projetée sur une piscine.

"Pour tenir sa promesse François Hollande doit acter la fermeture d'au moins 20 réacteurs à horizon 2020", souligne dans un communiqué Sophia Majnoni, chargée de campagne nucléaire pour Greenpeace, en référence à l'engagement du président de la République de baisser la part du nucléaire de 75 à 50% d'ici 2025 dans la production d'électricité.

"Fermer uniquement Fessenheim est une manoeuvre politique. Cela ne nous permet pas d'atteindre l'objectif présidentiel mais surtout d'autres centrales sont aussi dangereuses", ajoute-t-elle.

"Se préparer à un accident majeur"

Greenpeace a examiné "trois séries de critères": le niveau de sûreté des centrales (âge, puissance, nature du combustible, etc.), les risques d'"agressions externes naturelles ou non naturelles" (inondation, séisme, risque industriel, incendie, etc.) et les conséquences d'un accident (proximité d'une frontière ou d'une grande métropole, activités proches, etc.).

Pour le Blayais, l'ONG pointe par exemple les possibles impacts d'un accident sur l'activité viticole. Pour la centrale de Gravelines, l'association pointe "une concentration impressionnante de risques" avec la présence de "22 installations classées dont 8 Seveso dans un rayon de 10 km".

"La catastrophe de Fukushima est venue nous rappeler qu'il faut se préparer à un accident majeur même si ce n'est pas le scénario le plus probable", commente Greenpeace, qui boycotte le processus officiel du débat national sur la transition énergétique lancé en novembre par le gouvernement.

Ce débat se poursuit jusqu'à l'été et doit déboucher sur une loi de programmation à la rentrée pour définir la nouvelle politique énergétique de la France.


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