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Intempéries dans le Sud-Est: un épisode annuel et qui n'est pas "lié au réchauffement", selon un expert

Roquebrune-sur-Argens et le Muy sous les eaux en raison des crues liées aux fortes pluies qui touchent le Sud-Est depuis vendredi soir.

Roquebrune-sur-Argens et le Muy sous les eaux en raison des crues liées aux fortes pluies qui touchent le Sud-Est depuis vendredi soir. - BFMTV

Les intempéries qui ont fortement touché les Alpes-Maritimes et le Var ce week-end, et qui ont coûté la vie à au moins deux personnes, ne sont pas exceptionnelles, selon un prévisionniste de Météo France.

Un "épisode méditerranéen" d'une intensité rare a touché les départements des Alpes-Maritimes et du Var ce week-end provoquant des pluies diluviennes et des inondations. Quatre personnes sont mortes et deux sont portées disparues dans les territoires concernés.

Si les images des dégâts provoqués par la pluie et les crues sont impressionnantes, ces intempéries ne sont pas, en elles-mêmes, exceptionnelles, comme les épisodes dits "méditerranéens" ou "cévenols", se produisent "tous les ans, au rythme de trois à six par an", a expliqué Jean-Pierre Hameau, prévisionniste à Météo France.

"Cela commence souvent en septembre où la Méditerranée est chaude. On a des remontées d'air chaud du sud. Le facteur déclenchant est l'air froid en altitude qui va venir déstabiliser cette masse d'air. La période favorable est septembre, octobre, mais on peut les retrouver en novembre. Sur les dix dernières années, on a eu un épisode tardif en novembre, et on peut même en avoir début décembre", a-t-il poursuivi.

"Une augmentation de l'intensité des pluies"

Jean-Pierre Hameau a également affirmé que cet impressionnant "épisode méditerranéen n'est pas lié au réchauffement climatique". "Il y avait des épisodes cévenols avant, il n'y en a pas plus depuis que l'on observe l'augmentation des températures", a-t-il ajouté.

Le prévisionniste a cependant noté qu'il existe "une augmentation de l'intensité des pluies", même si cela est "normal" car "en présence d'une masse d'air plus chaude, on aura plus de vapeur d'eau et donc cela va condenser plus de pluies".

"Le facteur du mistral joue: les années où il y en a beaucoup, il va casser la température au niveau de la surface de la mer et on aura moins d'épisodes cévenols. S'il y a moins de mistral, il y aura plus d'épisodes cévenols plus importants", a précisé Jean-Pierre Hameau, pour conclure.

Clément Boutin avec AFP