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Zika: la piste du vermifuge pour en venir à bout

Actuellement il n’existe pas de vaccin pour prévenir l'infection par le virus Zika, ni de médicament spécifique pour soigner la maladie.

Actuellement il n’existe pas de vaccin pour prévenir l'infection par le virus Zika, ni de médicament spécifique pour soigner la maladie. - iStock

Après avoir passé en revue tout l'arsenal pharmaceutique disponible à ce jour, des chercheurs américains ont découvert que deux médicaments peuvent agir contre le virus Zika. Le premier est un vermifuge commercialisé, aux propriétés antivirales, le second une molécule en cours d'essais cliniques aux effets neuroprotecteurs.

Dans la lutte contre le virus Zika, l'une des priorités des chercheurs est de trouver comment empêcher que le virus ne se réplique dans l'organisme de la personne infectée. Des chercheurs de l'université Florida State, de l'université John Hopkins et du National Institute of Health, aux Etats-Unis, affirment avoir trouvé un composé médicamenteux capable de répondre à cette attente.

Ils ont également identifié un autre composé efficace pour contrer les effets du virus lorsque celui-ci s'attaque aux cellules du cerveau de fœtus dont la mère est infectée, ce qui peut provoquer une microcéphalie ou le syndrome de Guillain-Barré. La première molécule est déjà disponible sur le marché, sous la forme d'un médicament appelé niclosamide.

Ce dernier est utilisé chez l'homme et le bétail pour venir à bout des ténias, des vers parasites de l'intestin plus couramment connus sous le nom de vers solitaires. Le traitement offre par ailleurs l'avantage de ne présenter aucun danger pour les femmes enceintes. La seconde substance, l'emricasan, actuellement en essais cliniques pour réduire les dommages du foie causés par le virus de l'hépatite C a montré des effets neuroprotecteurs.

Les dommages aux cellules neuronales limités

Au total, les chercheurs avaient sélectionné 6000 composés. "Nous nous sommes concentrés sur des composés qui ont le plus court chemin vers une utilisation clinique", explique le Pr Hengli Tang, de la Florida State University. Ces derniers devaient être déjà approuvés par la Food and Drug Administration ou en cours d'essai clinique pour pouvoir être mis plus rapidement à disposition des personnes infectées par le virus.

Les chercheurs ont observé les effets du Zika sur des cultures cellulaires en laboratoire et testé l'action des médicaments un par un. Très peu d'entre eux ont montré des résultats suffisamment solides pour justifier une étude plus approfondie.

"Après l'infection, les dommages causés aux cellules neuronales sont dramatiques et irréversibles. Toutefois, certains des composés testés ont permis aux cellules de survivre plus longtemps et, dans certains cas, de récupérer complètement après l'infection", ajoute le chercheur.

Leur innocuité pour l'homme reste encore à prouver

L'équipe scientifique a l'espoir de mener des tests sur des animaux infectés par le virus dans un proche avenir, puis sur des patients. Mais de nombreuses études doivent être menées pour savoir si ces composés, efficaces sur des cellules cultivées en laboratoire, peuvent agir chez l'homme de la même manière.

Car bien que le niclosamide traite en toute sécurité les parasites dans le tractus gastro-intestinal humain, les scientifiques n'ont pas encore déterminé si le médicament peut être utilisé sans danger sur un fœtus. A l'heure actuelle, la seule façon de se protéger de la maladie Zika est de se protéger des piqûres de moustiques de jour comme de nuit et d'éviter les zones à risque qui se font de plus en plus étendues.

Outre le Brésil et d'autres pays d'Amérique latine, la présence du virus a été détectée en Polynésie française, en Guyane, en Martine, à Singapour, en Floride et même en France métropolitaine.

Alexandra Bresson