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Une étude évalue à 60.000 le nombre de morts évitées grâce au confinement

Un patient dans le bloc post-réanimation de l'hôpital de Mulhouse, le 17 avril 2020

Un patient dans le bloc post-réanimation de l'hôpital de Mulhouse, le 17 avril 2020 - AFP - Patrick Hertzog

Selon cette étude publiée mercredi par des épidémiologistes de l’Ecole des hautes études en santé publique, la France a échappé à une hécatombe grâce au confinement.

C'est une question que beaucoup se posent: qu'en aurait-il été de l'impact, en France, de l'épidémie de Covid-19 si le confinement n'avait pas été imposé à partir du 17 mars? Selon une étude publiée mercredi par des épidémiologistes de l’Ecole des hautes études en santé publique, relayée par Le Monde, cette mesure drastique a permis au pays d'éviter plus de 60.000 morts de plus dans nos hôpitaux.

En d'autres termes, si la stratégie de l'immunité de groupe avait été suivie, 23% de la population française se serait trouvée infectée par le virus d'après cette étude. Le nombre de cas graves, d'une ampleur incomparable avec ce que nous avons à l'heure actuelle, aurait bondi, générant une vague impossible à absorber pour nos hôpitaux. 

100.000 lits de réanimation requis

Au total, ce sont près de 670.000 patients qui auraient nécessité une hospitalisation. Sur ceux-ci, au moins 140.000 cas graves auraient eu besoin d'être pris en charge, élevant le nombre de lits de réanimation requis à 100.000. À titre de comparaison, lors de notre pic, atteint le 8 avril, ce sont 7148 patients qui avaient été admis en réanimation, rappelle Le Monde. Avec la forte tension que l'ont sait pour notre système hospitalier. 

Interrogé, le chercheur Pascal Crépey y affirme que "ces résultats enterrent définitivement l’idée qu’on aurait pu laisser le virus se propager, en se disant: une fois qu’on l’aura tous eu, on sera débarrassé". 

Sans confinement, six fois plus de morts

S'agissant du nombre de morts, ce chiffre bondit également dans cette modélisation, avec un doublement tous les 4 à 5 jours. Selon l'étude, 73.900 personnes auraient péri à l'hôpital entre le 19 mars et le 19 avril en l'absence de mesures de distanciation sociale. Sur cette période, ce chiffre (qui n'inclut donc pas les morts en Ehpad ou en EMS) atteint aujourd'hui les 12.200, soit six fois moins.

"Ces chiffres sont des minimums", explique Pascal Crépey au Monde. En effet, ils ne tiendraient pas compte du nombre de personnes qui seraient mortes hors de l'hôpital, faute d'avoir même pu y être soignées en raison de la saturation.

Sur ces plus de 61.000 vies "épargnées" donc, la plupart - 15.000 - sont celles de personnes vivant en Île-de-France. L'autre foyer majeur où une hécatombe a été évitée est évidemment le Grand Est, où l'étude évalue à 7700 le nombre de vies sauvées par les mesures de confinement. 

Jules Pecnard