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Covid-19: 76% des malades hospitalisés victimes de symptômes durables, selon une étude

Le personnel soignant de l'hôpital de Muret proche de Toulouse, le 17 novembre 2020

Le personnel soignant de l'hôpital de Muret proche de Toulouse, le 17 novembre 2020 - Lionel BONAVENTURE © 2019 AFP

Une étude chinoise publiée vendredi par The Lancet tend à montrer que des symptômes tels que la fatigue ou la faiblesse musculaire sont "communs" chez les patients ayant dû être hospitalisés, "même six mois après le début des symptômes".

Six mois après avoir été infectés, près de 8 malades du Covid-19 sur 10 ayant été hospitalisés présentent toujours au moins un symptôme, selon une étude de cohorte chinoise publiée le 8 janvier 2021 par la revue scientifique The Lancet.

Cette étude a été réalisée sur 1733 patients, avec un âge médian de 57 ans et comptant 52% d'hommes. Tous ont été hospitalisés à l'hôpital Jin Yin-tan de Wuhan, en Chine au printemps 2020 et leur suivi a été effectué entre le 16 juin et le 3 septembre de la même année.

Fatigue et faiblesse musculaire

"Nous avons découvert que la fatigue, ou la faiblesse musculaire, les troubles du sommeil, l'anxiété et la dépression étaient communs" à ces patients "même six mois après le début des symptômes", indiquent les scientifiques à l'origine des travaux sur ce phénomène de "Covid long".

Selon ces recherches, les symptômes les plus communs sont la fatigue et la faiblesse musculaire, que 63% des individus suivis dans le cadre de cette étude de cohorte ont ressenti. Les troubles du sommeil constituent le deuxième symptôme le plus commun, ressenti par 26% des patients. Viennent ensuite l'anxiété et la dépression, à 23%.

Au total, 76% des patients suivis ont indiqué souffrir au moins d'un symptôme, six mois après leur infection au coronavirus. Les femmes seraient plus touchées que les hommes, selon ces résultats, avec 81%, contre 73% chez les hommes.

Des études plus larges nécessaires

"Le risque d'anxiété ou de dépression en tant que complication psychologique et l'altération des capacités pulmonaires (sont) plus importantes chez les patients atteints de formes plus sévères. Ces résultats induisent le fait que les personnes atteintes d'une forme grave (du Covid-19) ont besoin de soins prolongés après leur prise en charge. Des études de suivi plus longues et parmi une population plus large sont nécessaires pour comprendre le spectre intégral des conséquences du Covid-19 sur la santé", ajoutent les scientifiques, qui estiment toutefois que cette étude est à leur connaissance la plus large en la matière.

Début décembre, une étude, coordonnée depuis le centre hospitalier de Tourcoing, dans le Nord, a été lancée afin d'étudier ces formes dites longues du Covid-19 et mieux les appréhender.

Les chercheurs de l'étude chinoise soulignent aussi que ces travaux présentent des limites, notamment liées aux données de santé générale avant l'infection au Covid des patients, qui peuvent brouiller certaines interprétations des résultats.

Auprès du Monde, la professeure Dominique Salmon, infectiologue à l'Hôtel-Dieu à Paris, juge cette étude "intéressante":

"Ce pourcentage de 76% de cette cohorte hospitalière ayant des symptômes est élevé, mais cela correspond cependant à ce que l’on observe en pratique pour les patients hospitalisés qui ont encore des séquelles, ce qui montre que le Covid n’est pas une maladie qui guérit très vite ni facilement". Toutefois, note-t-elle, il n'est "pas si simple de dire si ce sont des symptômes liés au Covid lui-même ou à une hospitalisation prolongée ou à d’autres facteurs".
Clarisse Martin Journaliste BFMTV