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Coronavirus: une étude internationale lancée sur la perte d'odorat et de goût

Un homme en train de sentir de la cannelle. (Photo d'illustration)

Un homme en train de sentir de la cannelle. (Photo d'illustration) - Flickr - CC Commons - UCL Mathematical & Physical Sciences

Une étude anonyme et internationale a été lancée pour déterminer dans quelle mesure la perte de l'odorat et du goût intervient en cas de contamination par le coronavirus. Les données serviront également à faire des comparatifs au niveau mondial.

C'est désormais considéré comme l'un des symptômes caractéristiques du Covid-19. La perte d'odorat et de goût, médicalement appelée anosmie et agueusie, a été constatée chez les patients atteints de formes bénignes du coronavirus, notamment lors d'une étude réalisée par 12 hôpitaux européens. Afin d'en évaluer la fréquence et la nature, une vaste enquête internationale est lancée par un consortium regroupant plus de 500 chercheurs de 38 pays différents.

"Nous avons de plus en plus de données qui montrent une évolution qui est négative de la perception du goût et de l'odorat, le but de l'étude est de savoir si cela peut devenir un signe caractéristique et même précurseur du Covid-19", détaille à BFMTV.com Jérôme Golebiowski, directeur du groupe "Odorant, Odeur, Olfaction" au CNRS, et qui dirige l'étude pour la France.

Sur la base du volontariat, cette étude anonyme, disponible en 20 langues, s'adresse aux malades ou anciens malades du Covid-19. "Un certain nombre d'infections virales, comme la rhinopharyngite, est associé à une perte d'odorat et de goût, notre objectif est de réussir à comparer et voir si c'est plus saillant dans le cas du coronavirus", poursuit le professeur de l'Université Côte d'Azur à l’Institut de chimie de Nice.

Quelles capacités touchées par le coronavirus

Le questionnaire, à remplir en ligne, s'intéresse aux capacités d'odorat avant, pendant puis après la maladie, et aux capacités de goût, notamment les sensations en bouche de certains aliments comme le poivre, le piment, la menthe ou l'eau gazeuse.

"Le goût est la somme d'au moins trois modalités: la perception sur la langue, c'est-à-dire les saveurs (salé, sucré, acide, amer, umami), la libération de molécules odorantes lorsqu'on mastique un aliment qui vont remonter dans la cavité nasale, ce qui fait 60-70% de la sensation d'un aliment, et la somesthésie, c'est-à-dire les récepteurs sensitifs dans la cavité buccale qui déterminent le croustillant, le chaud, le froid..., précise encore Jérôme Golebiowski. Le but de l'étude est également de déterminer quelles sont la ou les modalités impactées par le Covid-19."

Lancée ce mardi, l'étude se prolongera tant qu'il y aura des malades du coronavirus. Les chercheurs se sont organisés par pays et auront accès aux réponses. Les premiers résultats de cette enquête destinée à faire une comparaison entre les pays pourraient tomber rapidement, d'ici un mois. "Nous avons établi que pour obtenir un début de réponses robustes, nous avions besoin de quelques centaines de réponses par pays", indique le représentant du groupe France. Les différences entre les populations - jeune/âgée, homme/femme, par exemple, pourront alors être connues.

Une autre étude réalisée dans 12 hôpitaux européens a démontré que, sur 417 patients atteints de formes bénignes du Covid-19, 86% d'entre eux présentent des troubles de l’odorat et que 88% ont des troubles du goût. Près de la moitié de ces patients (44%) ont recouvré leurs capacités dans les 15 jours suivants la guérison. Les autres pourraient ne retrouver leurs capacités que sur une période pouvant aller jusqu'à 12 mois après le début de l'apparition des symptômes du coronavirus.

Justine Chevalier