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Coronavirus: la chloroquine peut-elle guérir le Covid-19?

De premiers essais menés à Marseille ont été qualifiés de "prometteurs" par le gouvernement, mardi.

Le temps presse pour trouver un remède contre le nouveau coronavirus. Alors que le Covid-19 progresse et que l'Agence France-Presse recense plus de 200.000 cas à travers le monde, chercheurs de tous pays sont à pied d'oeuvre pour mettre au point un vaccin et trouver un remède efficace contre ce virus.

Dans cette course contre la montre, le nom d'un médicament revient régulièrement: celui de la chloroquine, un médicament antipaludique. Des essais cliniques ont été menés à Marseille sur des malades atteints du Covid-19. Mardi, la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye a qualifié de "prometteurs" ces premier essais "sur 24 patients", à l'issue du Conseil des ministres.

"J'ai donné l'autorisation pour qu'un essai plus vaste par d'autres équipes puisse être initié dans les plus brefs délais sur un plus grand nombre de patients", a déclaré le ministre de la Santé Olivier Véran lors d'une conférence de presse téléphonique.

Commercialisé depuis près de 70 ans

Ce médicament est notamment commercialisé sous le nom de Nivaquine ou de Plaquenil, depuis près de 70 ans. Il est fréquemment recommandé lorsque l'on prévoit de se rendre dans une zone infestée par le parasite du paludisme.

Lundi, le professeur Raoult, qui teste la chloroquine à l'Institut hospitalo-universitaire (IHU) de Marseille, a affirmé que son utilisation contre le coronavirus était spectaculaire, avec la disparition en six jours du virus auprès des trois quarts des patients.

Dans une vidéo, le médecin marseillais explique que ces 24 malades ont pris du Plaquenil. Six jours plus tard, seuls 25% d'entre eux étaient encore porteurs du virus et 90% de ceux qui n'en avaient pas reçu étaient toujours positifs au Covid-19.

"Il y a une urgence sanitaire et on sait guérir la maladie avec un médicament que l'on connaît parfaitement. Il faut savoir où on place les priorités", a fait valoir mardi Didier Raoult, cité par Les Echos.

Dans la foulée de la révélation des résultats, le laboratoire pharmaceutique français Sanofi s'est dit prêt à offrir aux autorités hexagonales des millions de doses de Plaquenil, qui pourraient potentiellement traiter 300.000 malades. 

En février, une étude chinoise évoquait l'efficacité de cette molécule après des tests menés sur plus d'une centaine de patients.

"Cela avait suscité un espoir, puis cette piste était tombée aux oubliettes avant que l'équipe de Marseille ne livre ces résultats", explique au Parisien le professeur François Bricaire, ancien chef du service d'infectiologie de la Pitié-Salpêtrière à Paris.

Il faut toutefois rester prudent quant à l'utilisation de ce médicament, bien que les premiers tests soient encourageants. L'AFP se fait l'écho de plusieurs experts, qui plaident pour la prudence et alertent sur les effets indésirables potentiellement graves de la chloroquine, notamment en cas de surdosage.

Dans un bulletin publié le 5 mars dernier, le Réseau français des centres régionaux de pharmacovigilance écrivait d'ailleurs à propos de la chloroquine qu'à ce jour, "aucun résultat scientifique ne démontr(ait) son efficacité clinique dans la prise en charge des infections à coronavirus Covid-19", mais qu'"en revanche, grâce à son ancienneté, les risques liés à l'utilisation de la chloroquine sont très bien connus", mettant en garde contre la dose toxique, pouvant "être atteinte rapidement".

Clarisse Martin