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Les cadres face au paradoxe de l’hyper connexion

Plus de huit cadres sur dix qualifient l'hyper connexion d'"anxiogène".

Plus de huit cadres sur dix qualifient l'hyper connexion d'"anxiogène". - vlczak11 - CC - Flickr

L’avis des cols blancs sur l’usage des technologies numériques est ambigu: ils sont une majorité à l’estimer positif pour leur travail par la flexibilité qu’il apporte mais craignent le risque de ne jamais déconnecter.

Négocier avec son boss de rentrer plus tôt pour récupérer ses enfants à l’école… A condition de se reconnecter et pianoter jusqu’à pas d’heure. Il y a du bon et du moins bon dans l’usage des nouvelles technologies au travail. 

Quoi qu’il en soit, six salariés sur dix interrogés par TNS Sofres estiment positif pour leur travail le terme "numérique" pour la simplification et la souplesse offertes, selon les résultats de l’étude commandée par l'Agence nationale de l'amélioration des conditions de vie au travail (Anact), diffusés le 13 juin à l’occasion de la semaine pour la qualité de vie au travail.

Le grand paradoxe

Grand paradoxe: les effets néfastes de la digitalisation tels que l’intensification et la fragmentation du travail, l’exigence de disponibilité sont régulièrement dénoncés. Car trois quarts des cadres consultent leurs communications professionnelles pendant les weekends et les vacances selon une autre étude Securex publiée en mai 2016 par l’Ifop.

Plus de huit sur dix qualifient l’hyper connexion d'"anxiogène". Et la majorité des cadres interrogés estiment que la qualité de vie au travail n’est pas un sujet prioritaire pour l’entreprise. Quand il est pris en compte, seulement 9% considèrent qu’il fait l’objet de mesures concrètes.

Déstabilisation des collectifs de travail

Selon l’Anact, "une relative mise à mal du dialogue social engendrée par le développement du numérique" est souvent perçu comme source de déstabilisation des collectifs de travail.

Trois salariés sur cinq considèrent tout de même que la capacité de concentration, l’ambiance dans l’équipe, l’équilibre vie privée/vie professionnelle et les horaires de travail ne sont pas impactés par le numérique, tandis qu’un sur cinq souligne d’un côté l’amélioration induite, de l’autre, la dégradation.

Pour le droit à la déconnexion

Près d’un salarié sur trois pointe les effets négatifs sur la charge de travail, la pression et le stress. « Recevoir un mail tard le soir est polysémique, les salariés ne savent pas quelle est la bonne réponse à apporter : y répondre et montrer son investissement ou attendre le lendemain pour poser ses limites.

C’est en tout cas source de stress », constate Matthieu Poirot, psychologue social et coach en entreprise. Interrogés sur ce qui pourrait les aider à mieux travailler à l’ère du digital, plus d’un quart préconise d’imposer et de réglementer un droit à la déconnexion.

Rozenn Le Saint