BFMTV

"Soulager" la souffrance sans "donner la mort": Retailleau contre une nouvelle loi sur la fin de vie

Le chef de file des sénateurs Les Républicains s'exprimait au sujet de la proposition de loi sur la fin de vie examinée ce jeudi à l'Assemblée nationale.

Bruno Retailleau s'oppose à la nouvelle proposition de loi "donnant et garantissant le droit à une fin de vie libre et choisie". Portée par le député de Charente-Maritime Olivier Falorni (Libertés et Territoires) elle est examinée ce jeudi à l'Assemblée nationale, dans le cadre de la journée de niche parlementaire du groupe d'opposition.

Un texte qui relance le débat sur la fin de vie en France, appuyé par de nombreux députés, mais qui suscite également des remous chez une large frange de parlementaires, notamment de droite, qui marquent leur opposition et ont déposé quelque 3000 amendements, ce qui compromet l'adoption de la proposition de loi.

"Un grand basculement anthropologique"

"Je suis opposé à ce texte", a réagi ce jeudi le patron des sénateurs Les Républicains (LR) Bruno Retailleau, invité de BFMTV-RMC. "Je pense qu'il y a des souffrances qui sont insupportables (...) et qu'on doit tout faire pour les soulager", a-t-il poursuivi.

"Dans un certain nombre d'expériences, il m'a été de voir, d'expérimenter, ce qu'est la loi Claeys-Leonetti (promulguée en 2016, qui donne le droit à une "sédation profonde et continue", NDLR). La loi Claeys-Leonetti, c'est certainement pas l'acharnement thérapeutique. (...) Pourquoi s'acharner, pourquoi prolonger inutilement? (...) C'est essayer de soulager la souffrance, d'accompagner, une sédation c'est-à-dire endormir. Mais vous ne franchissez pas cette espèce de grand basculement anthropologique de donner la mort", exprime Bruno Retailleau.

Retailleau veut un débat national

Pour le sénateur, ces lois "bouleversent des fondamentaux de civilisation" et nécessitent "un débat national", un "avis du Comité national d'éthique" et un "vrai débat parlementaire".

"Vous ne pouvez pas le faire avec une proposition de loi qui est limitée (...) en quelques heures, ces choses-là on doit les toucher avec une main tremblante, avec une conscience de bien faire", a-t-il ajouté. "Soulager la souffrance oui, donner la mort je ne crois pas", a-t-il résumé.
Clarisse Martin Journaliste BFMTV