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Législatives partielles : une sanction pour le gouvernement socialiste

Candidat UMP dans l'Hérault, Eli Aboud est arrivé largement en tête.

Candidat UMP dans l'Hérault, Eli Aboud est arrivé largement en tête. - -

Premier scrutin à valeur de test depuis l'élection de François Hollande, les résultats du premier tour des législatives partielles sont riches en enseignements pour l'UMP et le PS.

Gueule de bois au PS, au lendemain des législatives partielles. Le parti au pouvoir est défait dans l'Hérault et les Hauts-de-Seine, et même éliminé dans le Val-de-Marne. L'UMP Nadine Morano est aux anges : "les Français ont vu la réalité du changement promis par François Hollande, les résultats le démontrent".

>> Malgré sa crise, l'UMP profite de l'impopularité du gouvernement

Ce premier scrutin depuis l'élection de François Hollande avait valeur de test national pour l'UMP et le PS. Le premier tour étant favorable au parti d'opposition, ses cadres veulent croire que la mobilisation de ses électeurs signe le lancement du mouvement de reconquête que le parti anciennement au gouvernement espère voir s'enclencher en vue des prochaines élections. "Face à l'irresponsabilité du gouvernement, l'UMP est un recours et un chemin. À nous d'entamer la reconquête !" lançait dimanche soir Valérie Debord, optimiste après la publication du résultat d'élections qui, même si elles avaient lieu dans des bastions traditionnellement acquis à la droite, constituent un revers pour le PS au profit de la droite, pourtant minée par la guerre fratricide que se mènent François Fillon et Jean-François Copé depuis des semaines.

"Indicateur significatif de la démobilisation de l'électorat de gauche" pour Jean-François Copé, "avertissement au gouvernement de Jean-Marc Ayrault" pour François Fillon. Alors que les commentateurs s'attendaient à ce que la crise à l'UMP rejaillisse à la marge des urnes en démobilisant l'électorat de l'UMP tout en contrebalançant la baisse de popularité de l'exécutif, contre toute attente, le premier bénéficiaire est le parti d'opposition.

Dans la 13e circonscription des Hauts-de-Seine, l’ancien ministre Patrick Devedjian a même frôlé l'élection au premier tour, récoltant 49,82 % des voix devant le candidat de la gauche Julien Landfried (32,52 %), qui, même s'il progresse de plus de trois points par rapport à juin, est la seule victime du manque de mobilisation des électeurs, qu'on attendait plus fort à droite. Comme si le vote sanction avait cette fois était plus favorable à l'UMP qu'au Parti socialiste.

"On fait à votre place le travail d'opposition"

"Une partie de notre électorat a cru que la division à droite allait suffire ! Pas de victoire sans mobilisation à gauche", a beau se désespérer Julien Landfried sur son compte Twitter après la proclamation des résultats, les cartes du jeu politiques semblent belle et bien redistribuées, tant les déclarations du chevènementiste font écho à celles des adversaires de la gauche avant le premier tour.

L'adversaire UMP de Dolorès Roqué dans l'Hérault, Elie Aboud pourtant arrivé largement en tête (42,6 % des suffrages, contre 27,7 % pour la candidate socialiste sortante), ne s'inquiétait-il pas d'un risque de démobilisation en sa défaveur : "J'avais un boulevard, j'espère qu'il reste une avenue mais il ne faut pas que cela se transforme en impasse".

Certes, l'abstention a été forte (58,46%), tous les partis en ont été victime. À commencer par le Front national qui, malgré l'explosion revendiquée de ses adhésions, n'a pas su tirer profit de la crise UMP. Alors que, devancé par Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan, le président contesté de l'UMP Jean-François Copé n'est plus considéré par les Français comme un leader d'opposition crédible, il semble que, comme l'analyse l'éditorialiste Mickaël Darmon, le message paradoxal des électeurs UMP à leurs chefs était dimanche : "on fait à votre place le travail d'opposition".

Tristan Berteloot