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Le secrétaire d'Etat Clément Beaune "assume" son homosexualité et fait son coming out médiatique

Clément Beaune - Image d’illustration

Clément Beaune - Image d’illustration - Ludovic MARIN / AFP

Dans une interview au magazine Têtu, le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes fait son coming out médiatique et dénonce le recul du droit à l'avortement et la stigmatisation des LGBT en Pologne et en Hongrie.

Le secrétaire d'Etat en charge des Affaires européennes Clément Beaune parle pour la première fois publiquement de son homosexualité dans une interview accordée au magazine Têtu, qui fête mercredi ses 25 ans d'existence.

Interrogé sur les droits LGBT en Europe, Clément Beaune fait son coming out médiatique. "Je suis gay et je l’assume", répond-il, expliquant ne pas vouloir en faire "un combat communautaire au sens étroit du terme".

"Ce serait insultant de dire que je mène ce combat pour moi-même, poursuit l'ancien membre du cabinet d'Emmanuel Macron à Bercy. C’est beaucoup plus global."

"Le rejet, ça existe en 2020"

Clément Beaune exprime sa "chance de n’avoir jamais été victime de discriminations directes ou de violences physiques, et, sur le plan verbal, que de façon très marginale". S'il ne souhaite pas apparaître comme "un modèle", l'énarque veux montrer que son homosexualité "n'est pas un obstacle".

"Aujourd’hui cela paraît banal de le dire, mais ce n’est pas une évidence, estime-t-il. Les coups, la violence, le rejet, ça existe en  2020."

Plus largement, c'est par sa fonction de secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, qu'il veut agir, et notamment lutter contre les discriminations en direction des LGBT, mais aussi contre le recul de certains droits en Europe, comme celui de l'avortement. "Je dois me battre pour diffuser la tolérance, insiste Clément Beaune. Défendre une catégorie de droit, c’est un combat pour l’ensemble des droits."

Un débat "sain"

Le secrétaire d'Etat annonce qu'il se rendra au début de l'année en Pologne dans une zone "sans LBGT+". Depuis plusieurs mois, des villes polonaises se sont en effet déclarées "zones sans idéologie LGBT+", ce qui encourage les élus à ne pas favoriser la tolérance à l'égard des personnes homosexuelles ou encore à ne pas fournir d'aides aux associations. Les manifestations se multiplient également dans le pays pour protester contre l'interdiction quasi totale de l'avortement.

"Ce serait dysfonctionnel que l’on ne fasse rien alors que la Pologne ou la Hongrie ne respectent pas les valeurs européennes mais profitent de l’argent de l’Union, fait valoir le secrétaire d'Etat. Il est sain que le débat soit ouvert sur ces sujets. Et c’est la première fois qu’il est aussi clair."

Clément Beaune rappelle que l'Europe a sanctionné la Pologne et la Hongrie, pays qui recule également sur les droits des homosexuels, notamment en enclenchant l'article 7 du traité de l'Union européenne, qui vise à sanctionner les pays qui ne respectent pas les valeurs fondamentales de l'UE. Pour autant, le secrétaire d'Etat veut croire au dialogue avec les autorités de ces pays.

"J’ai une très bonne relation de travail avec eux, et nous ne sommes pas dans une confrontation politique directe, assure-t-il. Ils savent ce que je pense, et on ne lâchera pas sur ce sujet. Mais, pour gagner ce combat, il ne faut pas faire d’amalgames ou de simplifications."
https://twitter.com/justinecj Justine Chevalier Journaliste police-justice BFMTV