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L'Île-de-France et Mayotte, exceptions du déconfinement

Au cours d'une conférence de presse tenue ce jeudi après-midi à Matignon, Edouard Philippe a annoncé que le confinement serait bien levé à compter du lundi 11 mai pour l'ensemble du territoire français, sauf pour Mayotte. Au sein des 32 départements classés rouge, l'Île-de-France devra par ailleurs s'appliquer une "discipline" particulière.

La déclaration liminaire du Premier ministre, ouvrant ce jeudi après-midi la conférence de presse gouvernementale livrant les secrets définitifs de ce lundi 11 mai, avait de quoi réjouir l'opinion:

"Nous sommes en mesure de valider le déconfinement sur l’ensemble du territoire métropolitain".

Seulement voilà, sur le sol de la Métropole toutes les régions n'en sont pas au même point quant à la menace du coronavirus. Par conséquent, tous les territoires ne seront pas égaux dans le déconfinement. Enfin la France ne se résume pas à l'Hexagone.

Aussi, dans les 32 départements du Nord, de l'Est ou insulaires, qui demeureront classés rouges en vue de la fin de la quarantaine lundi - rouges car les hôpitaux y restent engorgés - le chef du gouvernement a défini deux exceptions.

"Dans ces départements rouges, il faut faire mention de deux situations particulières: Mayotte et la région Île-de-France", a-t-il affirmé. 

Mayotte reste confiné

"A Mayotte, le nombre de cas est faible mais il est en augmentation. En Île-de-France, le nombre de cas baisse, sûrement, lentement mais il reste élevé, plus élevé que ce que nous espérions. Voilà pourquoi, dans ces deux territoires nous allons devoir faire preuve d’une vigilance particulière", a-t-il enchaîné. 

Cette "vigilance particulière" se déclinera en revanche très différemment dans un cas et dans l'autre. "A Mayotte, nous avons pris la décision de retarder le déconfinement pour nous donner tous les moyens de maîtriser l’épidémie", a exposé Edouard Philippe, tandis qu'il ajoutait:

"En Île-de-France, compte-tenu de la tendance qui reste bien orientée, nous pouvons déconfiner. Mais le fait qu’il reste du virus en circulation, que cette région, évidemment, est très dense, très peuplée, que les échanges y sont nombreux, nous impose une discipline renforcée."

La "discipline renforcée" francilienne

Il a livré les deux points principaux de cette "discipline renforcée".

"Je veux dire à toutes les personnes qui se sentent vulnérables, soit à raison de leur âge, ou de pathologies, continuez à observer dans toute la mesure de votre possible et de façon volontaire les règles de prudence très strictes qui ressemblent à celles des deux derniers mois", a lancé le Havrais. 

De surcroît, il a déclaré au sujet de l'ensemble des départements rouges:

"Le déconfinement y est possible, avec certaines restrictions: pas d’ouverture des collèges, pas d’ouverture des parcs et jardins."

Le Premier ministre a alors porté son propos sur la question des transports franciliens:

"Nous allons, au moins les trois premières semaines, décider de règles très strictes pour ne pas qu’ils se transforment en vecteur de l’épidémie. Je n’exclus pas la formulation de règles supplémentaires si les règles de distanciation physique n’étaient pas assez respectées et si la situation ne s’améliorait pas."

La question épineuse des transports franciliens 

Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire, a précisé qu'aux heures de pointe, l'accès aux transports en commun en Île-de-France serait réservé aux personnes ayant une attestation employeur ou mus par un motif impérieux.

Bruno Le Maire, ministre des Finances, a noté par la suite que si les centres commerciaux de plus de 40.000 m2 pourraient rouvrir en France, l'interdiction avait vocation à rester en vigueur pour les sites franciliens. Enfin, Muriel Pénicaud, ministre du Travail, a martelé qu'en Île-de-France le télétravail restait "crucial". 

Robin Verner