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EN DIRECT - Agnès Buzyn a défendu sa gestion de la crise sanitaire devant les députés

Deux jours après son échec aux élections municipales à Paris, l'ancienne ministre de la Santé est interrogée par la commission d'enquête du Palais-Bourbon au sujet de la gestion de la crise sanitaire liée au coronavirus.

Pour Ciotti, "cela traduit une profonde défaillance dans l'organisation"

A la sortie de l'audition de l'ex-ministre de la Santé, le député LR et rapporteur de la commission d'enquête sur le coronavirus Eric Ciotti s'est dit "surpris que la ministre de la Santé n'ait aucune connaissance de l'absence de stocks de masques ou d'autres stocks stratégiques". "Cela m'étonne profondément" et "cela traduit une profonde défaillance dans l'organisation", a-t-il déploré face à la presse.

Masques: "Le problème majeur, c'est le problème de la production", dit Buzyn

Au sujet des masques, "le problème majeur, c'est le problème de la production, ça a touché tous les pays du monde", a défendu mardi Agnès Buzyn devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale, évoquant les tensions qui ont été constatées au niveau de l'approvisionnement de ces matériels de protection.

Pour Agnès Buzyn, "il faut une agence dédiée aux crises en général"

"Ce n'était pas le moment le 23 janvier" de dire aux Français de porter un masque, dit Buzyn

"À l'époque ou j'étais en charge (au ministère de la Santé, NDLR), cette question-là (des tests) n'est pas une question qu'on se pose, ce n'est pas légitime de tester une population quand le virus ne circule pas", a fait valoir mardi Agnès Buzyn.

"Le 23 janvier, quand il n'y a pas un seul cas de malade en Europe, je ne vais pas demander aux français de porter des masques", s'est défendue l'ancienne ministre. "Ce n'était pas le moment le 23 janvier", a-t-elle appuyé, répondant aux critiques sur l'absence de préconisation du port du masque aux balbutiements de la crise sanitaire.

"Cet article laisse penser que je n'ai pas préparé", réagit Buzyn à l'article du Monde

"Sur l'article du Monde, d'abord ce n'est ni un interview et encore moins une déclaration. Une journaliste m'appelle à un moment où j'ai bataillé contre la fusion des listes toute la journée, nous sommes au premier jour après l'élection, après le premier tour, se pose la question des dépôts de liste. Je suis intimement persuadée que le deuxième tour ne peut pas se tenir d'ailleurs, j'arrête ma campagne et je bataille parce que je ne suis pas favorable à ce qu'on continue les tractations politiques et je demande qu'on arrête. C'est à ce moment-là que je suis appelée, ce n'est pas un interview, sinon j'aurais relu ces propos, ces verbatims ne m'ont jamais été soumis, et encore moins une déclaration. On n'est pas là je pense pour interpréter ces propos, je suis là pour rendre des comptes devant la représentation nationale, et j'espère clarifier la façon dont j'ai géré cette crise au moment où j'étais au ministère", a réagi Agnès Buzyn.

La ministre a-t-elle tenu ces propos cités par le quotidien du soir, a interrogé Éric Ciotti mardi lors de l'audition de l'ancienne ministre par la commission d'enquête de l'Assemblée nationale?

"J'avais passé une journée épouvantable, j'étais très fatiguée, on m'accusait sur les réseaux sociaux de n'avoir rien vu, et c'est tout le contraire, je me suis battue pendant un mois (...) Ce que j'ai dit au Monde ce jour là c'était 'arrêtez de dire que j'ai rien vu j'ai tout vu. J'ai tout vu, j'ai préparé. Cet article laisse penser que je n'ai pas préparé. C'est pour ça que je voulais m'expliquer devant la représentation nationale, parce que j'ai pressenti, j'ai senti un danger, bien avant les autres."

"Nous apprenons assez tardivement (...) que les patients les plus touchés sont les personnes les plus âgées", dit Buzyn

"Les Ehpad ont toujours été considérés comme tous les établissements de santé par le ministère. (...) Nous apprenons assez tardivement (...) que les patients les plus touchés, les plus graves sont les personnes les plus âgées et avec comorbidités. C'est une information que nous donnent les Chinois dans le courant du mois de janvier", défend Agnès Buzyn.

"Nous sommes le premier pays en Europe à avoir mis en place les tests", fait valoir Buzyn

"Nous sommes le premier pays en Europe à avoir mis en place les tests. Dès que la séquence du virus a été publiée par les Chinois, je crois autour du 10 janvier, le Centre national de référence des coronavirus à Pasteur a essayé de produire un test, il a mis je crois une dizaine de jours pour le produire. Lorsque nous avons repéré les premiers malades, le 24 février, les tests étaient déjà disponibles à Paris et à Lyon, dans des hopitaux de rérérence capables de prendre en charge les malades", a indiqué Agnès Buzyn mardi lors de son audition devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale.

À son départ du ministère, "on faisait quelque dizaines de tests par jour", dit Buzyn

"Quand je suis partie (du ministère de la Santé, NDLR), l'objectif était que tous les hopitaux français aient accès aux tests. À l'époque, on était sur quelques dizaines de suspicions de cas par jour. (...) À l'époque on faisait quelque dizaines de tests par jour", a fait valoir l'ancienne ministre, affirmant qu'il y avait eu 12 cas à son départ du ministère.

"En fonction, je n'ai à aucun moment sous-estimé le risque", dit Buzyn

"Je ne sais pas quels ont été les contrôles réalisés auparavant, je n'en ai pas l'historique et je n'ai pas accès aux archives précédant ma mandature. Ce que je sais, c'est qu'une demande a été faite en 2017 de vérifier les stocks, que la réponse nous est parvenue 18 mois plus tard et que ô surprise, les stocks étaient pour beaucoup pas en état de fonctionner, et je le rappelle, ce n'est pas malheureusement que les masques", a répondu Agnès Buzyn.

"En fonction, je n'ai à aucun moment sous-estimé le risque", s'est également défendue l'ex-ministre.

Pour Buzyn, le système de santé était "préparé" à son départ du ministère

Sur son départ du ministère de la Santé pour remplacer Benjamin Griveaux dans la course à la mairie de Paris, Agnès Buzyn dit avoir estimé à ce moment-là "avoir préparé le système de santé et d'être maintenant en capacité de le faire comme maire", avant d'ajouter en référence à son échec au scrutin que "l'histoire aura montré que ça ne s'est pas passé".

"Nous avons anticipé par rapport aux alertes de niveau international"

"Nous avons anticipé et notamment anticipé par rapport aux alertes de niveau international", a défendu Agnès Buzyn ce mardi face à la commission d'enquête de l'Assemblée nationale.

L'"anticipation" en France a été "sans commune mesure avec les autres pays européens", a-t-elle appuyé.

"La pandémie est déclarée le 11 mars, vous ne pouvez pas dire que l'on n'a pas été réactifs", a poursuivi l'ancienne ministre. L'OMS avait proclamé l'urgence internationale le 30 janvier.

"Cette gestion des stocks (de masques, NDLR) ne revient pas à un niveau" de ministre, dit Buzyn

"J'ai vu que certains ont pris la parole après pour dire 'on aurait pu remettre les stocks périmés dans le circuit et il n'y aurait pas fallu les détruire'", a réagi Agnès Buzyn, expliquant qu'à la question de savoir si elle avait ordonné elle-même la destruction de stocks de masques, "la réponse est non".

"Cette gestion des stocks ne revient pas à un niveau" de ministre, a défendu l'ancienne membre du gouvernement, tout en disant assumer "parfaitement les décisions prises par (ses) services".

"J'ai eu à gérer le stade 1 et la dernière semaine le stade 2" de l'épidémie."

"J'ai quitté le ministère le 15 février, à l'époque ou il y avait eu 12 cas en France, tous des cas importés de Chine, ou en lien avec Wuhan. il y avait eu 6 cas importés de Chine et un cluster, le cluster des Contamines Montjoie", fait valoir Agnès Buzyn.

"J'ai eu à gérer le stade 1 et la dernière semaine le stade 2" de l'épidémie."

"Je mets en branle tout le système le 25 janvier alors que l'OMS a refusé de déclarer le 22 et le 23 l'urgence de santé publique de portée internationale", défend Agnès Buzyn, interrogée par le député LR Éric Ciotti, rapporteur de la commission.

Buzyn fait valoir le fait d'avoir donné une conférence de presse dès le 21 janvier

"Je pense être la seule ministre de la Santé européenne à avoir pris la décision de faire une conférence de presse aussi tôt. À cette date-là, il n'y a pas d'alerte de l'OMS", fait valoir Agnès Buzyn au sujet de la conférence de presse qu'elle avait donné le 21 janvier dernier, aux prémices de la crise sanitaire.

Coronavirus: Buzyn fait état d'"une première alerte (...) autour du 25 décembre"

"J'ai eu une première alerte totalement par hasard pendant mes vacances de Noël, autour du 25 décembre. J'ai vu qu'un blog en anglais rapportait des cas d'une pneumonie inexpliquée, je suis tombée dessus par hasard sur Twitter et j'ai eu le regard attiré", explique Agnès Buzyn, questionnée par la présidente LaREM de la commission d'enquête, Brigitte Bourguignon.

"Mon premier nouveau niveau d'alerte est je crois autour du 11 janvier parce que la Chine annonce un premier décès", poursuit l'ancienne ministre, qui dit avoir informé dans la foulée le président de la République et le Premier ministre.

"A partir du 22 janvier, nous avons la notion de cette contamination inter-humaine qui change le regard qu'on a" sur ce virus, a également déclaré Agnès Buzyn.

Début de l'audition d'Agnès Buzyn

"Notre pays, l'ensemble de la planète, ont été confrontés et certains le sont encore, à une épidémie inédite, sans précédent, aux conséquences majeures sur notre société et notre vie de tous les jours", a déclaré l'ancienne ministre des Solidarités et de la Santé en préambule à son audition, après avoir prêté serment.

"Je souhaite pouvoir m'expliquer sur l'exercice des responsabilités qui ont été les miennes, notamment à la tête d'un ministère", a poursuivi la candidate déçue aux municipales à Paris. "Il est tout aussi légitime de s'interroger sur les faiblesses obser vées, c'est le propre de toutes les crises."

Agnès Buzyn entendue par la commission d'enquête

Ministre de la Santé au début de la crise sanitaire liée à la pandémie de coronavirus, Agnès Buzyn avait quitté son poste le 16 février dernier pour remplacer Benjamin Griveaux dans la course à la mairie de Paris.

Ce mardi, elle devra notamment répondre à des questions des députés sur la gestion du stock stratégique d'État de masques de protection. Elle devra aussi détailler ses propos dans une interview au Monde donnée peu après le premier tour des municipales en mars, dans laquelle elle disait avoir "alerté le directeur général de la Santé" dès le 20 décembre et "envoyé un message au président sur la situation" le 11 janvier.

Clarisse Martin Journaliste BFMTV