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25 ans après sa mort, Macron va rendre hommage à Mitterrand à Jarnac

Emmanuel Macron - Image d'illustration

Emmanuel Macron - Image d'illustration - Martin Bureau

Il assistera à la traditionnelle cérémonie, avec dépôt d'une gerbe, devant le caveau familial dans le cimetière des Grands-Maisons.

Emmanuel Macron multiplie les hommages aux anciens présidents. Deux mois après avoir honoré la mémoire du général de Gaulle, le che d'État célèbre vendredi le 25e anniversaire de la mort de François Mitterrand, un président qu'il évoque rarement, sauf pour son engagement européen.

Le chef de l'Etat est attendu dans la matinée à Jarnac, la petite ville de Charente où l'ancien président est né en 1916 et où il a été inhumé le 11 janvier 1996, trois jours après son décès à Paris à l'âge de 79 ans.

Ce déplacement s'annonce sobre: à 11h, il assistera à la traditionnelle cérémonie, avec dépôt d'une gerbe, devant le caveau familial dans le cimetière des Grands-Maisons, en présence d'une trentaine de personnes maximum, crise du Covid-19 oblige.

Mazarine Pingeot absente

En plus d'Emmanuel Macron, sont attendus Gilbert, l'un des deux fils de François et Danielle Mitterrand, l'ex-président François Hollande, l'ancien ministre Hubert Védrine, actuel président de l'Institut Mitterrand, ainsi que Ségolène Royal et Olivier Faure, premier secrétaire du PS. La fille de l'ancien président, l'écrivaine Mazarine Pingeot, a indiqué jeudi sur RTL qu'elle ne serait pas présente tout en indiquant "apprécier qu'on salue la mémoire" de son père.

Emmanuel Macron se rendra ensuite, par les rues de la petite ville de 4500 habitants, jusqu'à la maison natale de François Mitterrand, transformée en musée.

Il ne devrait pas prendre la parole au cours de ce déplacement, que l'Elysée présente comme "un temps d'hommage et de recueillement" de la part d'un président en exercice à un prédécesseur qui a occupé la fonction durant 14 ans, de 1981 à 1995.

"Dépositaire du legs commun"

"On n'est pas dans la politique mais dans le politique", précise un conseiller, en jugeant que les "commentateurs" qui cherchent à y voir l'occasion d'"un clin d'oeil" à la gauche sont "hors sujet".

Certains responsables socialistes soupçonnent Emmanuel Macron de vouloir profiter de cet anniversaire pour flatter leurs électeurs à l'approche de la présidentielle de 2022.

De fait "une partie de la gauche, minoritaire mais non négligeable, contribue à la popularité présidentielle", relève une note de Frédéric Dabi (Ifop) publiée par Le Figaro mardi. "En décembre, 34% des sympathisants de gauche déclarent approuver l'action d'Emmanuel Macron tandis que 30% se disent satisfaits du Président de la République", poursuit le sondeur.

A l'Elysée, on souligne que le chef de l'Etat "est dépositaire du legs commun" laissé par ses prédécesseurs et, en leur rendant hommage, contribue à "la construction de la mémoire partagée" des Français.

"Grande intuition"

Depuis le début de son quinquennat, Emmanuel Macron a ainsi célébré en 2019 le 50e anniversaire de l'arrivée au pouvoir de Georges Pompidou, un président "de la modernité" qui "pensait à la fois Vieille France et Nouvelle France", selon lui. Il a aussi saisi l'occasion de l'année de Gaulle, en 2020, pour vanter "l'esprit de résistance" du fondateur de la Ve République.

A deux reprises, il a fait l'éloge de deux de ses prédécesseurs, Jacques Chirac et Valéry Giscard d'Estaing, à l'occasion de leurs décès en 2019 et 2020.

Jusqu'à présent peu disert sur François Mitterrand, Emmanuel Macron, qui n'avait que 17 ans à son départ de l'Elysée en 1995, a récemment salué la "grande intuition" qu'a eu le socialiste en tentant de "dépasser le doute existentiel" des Français "par le rêve européen".

Il a également fait sienne l'une des formules les plus célèbres de l'ancien président: "le nationalisme c'est la guerre". Et affirmé que sa ligne diplomatique était "gaullo-mitterrandienne", basée sur l'affirmation de "l'indépendance" d'une France "qui soit crédible" sur la scène internationale et "forte en Europe."

Héritage

Dans l'héritage laissé par l'ancien président, Emmanuel Macron retient en outre l'abolition de la peine de mort et "l'apaisement de la vie démocratique" avec "la banalisation des alternances" aux élections, selon l'Elysée.

Mais il regarde aussi "en face" un homme politique dont le parcours est "emblématique de toutes les complexités françaises", notamment par ses liens controversés avec le régime de Vichy au début de la Seconde guerre mondiale.

Le chef de l'Etat pourrait développer ces thèmes en marquant le 40e anniversaire de l'élection de François Mitterrand le 10 mai.

https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier avec AFP Journaliste BFMTV