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Un jeune militant agressé, "la marque de l'extrême droite"

C'est ici qu'a eu lieu mercredi l'agression, vers 18 heures, dans Paris.

C'est ici qu'a eu lieu mercredi l'agression, vers 18 heures, dans Paris. - -

Comment s'est déroulée l'agression? Qui sont les principaux protagonistes de l'affaire? BFMTV.com fait le point.

Un jeune homme de 18 ans, Clément Méric, militant antifasciste, a été frappé à mort mercredi en fin d'après-midi par des skinheads d'extrême droite. Un drame qui a entraîné de nombreuses réactions. BFMTV.com fait le point sur l'affaire.

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> Que s'est-il passé?

Clément, militant antifasciste, se trouvait avec trois amis à lui dans un magasin rue Caumartin, où était organisée une vente privée de vêtements Fred Perry, marque emblématique de jeunes d'extrême gauche et d'extrême droite. Là, vers 18 heures, trois skinheads d'extrême droite, accompagnés d'une amie, sont entrés à leur tour.

Le début de leur altercation n'est pas encore connu. Qui s'en est pris aux autres le premier? L'enquête judiciaire permettra de le dire. Toutefois, selon Manuel Valls, il "semblerait que leur rencontre soit fortuite", et que leur différend ait "des raisons d'ordre politique".

Des témoins de la scène évoquent des militants d'extrême droite "avec des tatouages fascistes" dans le cou, "au crâne rasé, vêtus de vestes en cuir". Après quelques invectives échangées, un coup de poing serait parti, et aurait envoyé Clément à terre. En chutant, celui-ci aurait percuté avec violence un poteau en métal, avant d'être roué de coups.

Naema, jeune étudiante, raconte avoir vu "les agresseurs détaler juste après l'agression". "Quand ils ont vu qu'ils n'étaient pas suivis, ils ont arrêté de courir. Ils se sont serrés la main comme on serre la main d'un ami qui vient d'obtenir un diplôme. Ils étaient souriants". La police n'a fait état d'aucune interpellation pour le moment.

> Qui sont les agresseurs présumés?

Ils seraient trois à cinq hommes, vêtus à la manière des groupuscules d'extrême droite, le crâne rasé, et armés de poings américains. Sur RTL, un témoin affirme avoir vu dans le cou de l'un d'eux le tatouage d'une croix gammée. Et Manuel Valls confirme que "l'extrême droite est au coeur de cet assassinat".

Alexis Corbière, secrétaire national du Parti de gauche, l'un des premiers à avoir évoqué le drame, affirmait dès mercredi soir que les agresseurs sont membres des Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR), un groupuscule très organisé et souvent accusé de xénophobie.

Jeudi, le leader et fondateur des JNR, Serge Ayoub, connu dans le milieu sous le nom de "Batskin", a pourtant formellement démenti toute implication de membres de son groupe. Aucun élément ne permet donc d'identifier pour le moment la mouvance des agresseurs.

> Qui est la victime?

Clément Méric allait bientôt avoir 19 ans. Originaire de Brest, le jeune homme était étudiant en première à Sciences Po Paris. Il est mort à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, quelques heures après son agression.

Le garçon était déjà très engagé politiquement, en particulier contre l'extrême droite. Membre du groupe Action antifasciste Paris-Banlieue, une organisation d'extrême gauche, il militait également chez Solidaire, un syndicat étudiant. De nombreuses personnes lui rendent hommage sur les réseaux sociaux et des rassemblements sont prévus toute la journée dans Paris.

> Y-a-t-il un lien avec le FN?

Peu de temps après l'agression, les premiers rapprochements ont commencé à être fait entre les agresseurs d'extrême droite et le Front national. Des sous-entendus qui ont fait bondir la présidente du parti, Marine Le Pen.

"Je conteste tout lien entre l’agression et le Front national et récuse tout amalgame", a-t-elle affirmé à BFMTV. Pourtant, selon un témoin de la scène interrogé par RTL, l'un des agresseurs portait un tee-shirt à l'effigie du FN. "Ce genre d'amalgame est scandaleux, j'aimerais bien avoir l'identité de ce témoin", a réagi la leader frontiste sur les ondes. "Vous n'avez strictement aucune preuve. J'attends de voir ce que la justice dira."


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Alexandra Gonzalez