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Neuilly-sur-Seine: deux hommes acquittés du meurtre d'une riche veuve

La cour d'assises a acquitté les deux hommes, mais le parquet peut faire appel (illustration).

La cour d'assises a acquitté les deux hommes, mais le parquet peut faire appel (illustration). - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

La cour d'assises des Hauts-de-Seine a acquitté mardi deux hommes accusés d'avoir assassiné une riche femme retrouvée pendue sur sa péniche à Neuilly-sur-Seine, en 2005.

Dominique Aubry, riche veuve de Neuilly-sur-Seine, s'est suicidée. C'est la conclusion à laquelle a abouti la cour d'assises des Hauts-de-Seine, mardi, en acquittant les deux hommes qui étaient accusés de l'avoir assassinée, et d'avoir maquillé son meurtre en pendaison sur une luxueuse péniche, en 2005.

Les jurés, six femmes, n'ont pas suivi les réquisitions de l'avocat général, Marc Rouchayrolle, qui avait demandé 15 à 20 ans de réclusion criminelle à l'encontre des deux hommes. A l'énoncé du verdict, Franck Renard Payen, 44 ans, et Olivier Eustache, 42 ans, ont fondu en larmes.

"Je n'envisageais pas une seconde qu'on les condamne. On ne comprend pas qu'ils aient été renvoyés devant une cour d'assises avec un dossier pareil", a tempêté Me Eric Dupond-Moretti, avocat d'Olivier Eustache, après le procès. Olivier Eustache s'est dit pour sa part "soulagé". "J'espère que cela va s'arrêter là", a-t-il réagi. Le parquet a dix jours pour faire appel de la décision.

"Le mobile n'est pas une preuve"

Pour le ministère public, le mobile des deux hommes était évident. La veuve, dont la fortune est estimée à 14 millions d'euros, avait fait de Franck Renard Payen son légataire universel, deux mois avant son décès. Ce dernier était aussi bénéficiaire d'une assurance-vie de près d'un million d'euros.

"Le mobile n'est pas une preuve", avait fustigé Me Dupond-Moretti dans sa plaidoirie très sévère à l'égard de l'avocat général. "Pour condamner, il faut apporter la preuve de l'existence d'un crime, ce que vous êtes incapable de faire. On vous sent mal à l'aise, pas convaincu", lui avait-il lancé.

Traces d'ADN détruites, notamment sur la corde, heure incertaine du décès, "pollution" du lieu du drame par les enquêteurs, "interférence de la partie civile sur des témoins", la défense a démonté point par point la thèse de l'accusation. Une tâche d'autant plus aisée que la majorité des experts avaient privilégié à la barre la thèse du suicide, au cours des deux semaines de débats.

A. G. avec AFP