BFMTV

Mort de Victorine: comment travaillent les enquêteurs ?

Des gendarmes de la compagnie de Bourgoin-Jallieu, lors des recherches pour retrouver Victorine, en Isère, le 28 septembre 2020.

Des gendarmes de la compagnie de Bourgoin-Jallieu, lors des recherches pour retrouver Victorine, en Isère, le 28 septembre 2020. - ANTOINE MERLET / AFP

Un important dispositif d'enquêteurs quadrille le secteur où a été retrouvé lundi le corps sans vie de Victorine, âgée de 18 ans. Les policiers vont également analyser le bornage de son téléphone portable.

Deux jours après sa disparition, le corps sans vie de Victorine a été retrouvée lundi, "immergé dans un ruisseau" près du domicile familial de Villefontaine, en Isère. Les proches de la jeune femme de 18 ans ont fait part de leur douleur sur les réseaux sociaux, décrivant une famille au "coeur déchiré", "complètement détruite par cet énorme bouleversement."

Un important dispositif d'enquêteurs est sur place pour tenter de récolter toutes les traces avant qu'elles ne disparaissent à cause de la météo. Mais l'entourage de la victime va également être passé au peigne fin.

· Course contre la montre

Dans l'immédiat, la priorité est de "collecter vite le maximum de traces", explique à BFMTV François Daoust, ancien chef de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale, car "le dépérissement des preuves avec la météo risque de s'accélerer". Ce dernier cite notamment les traces de semelle ou de pneu repérées dans la zone de recherches.

En plus des gendarmes de Bourgoin-Jallieu, des enquêteurs de la section recherche de Grenoble sont arrivés sur les lieux dans la matinée, ainsi qu'une équipe cynophile. Ils quadrillent les deux kilomètres séparant la gare routière, où Victorine a raté le dernier bus, et les hauteurs de Villefontaine, où se trouvait le domicile familial. Les enregistrements des caméras de vidéosurveillance des commerces aux alentours vont être réquisitionnés.

La police va également analyser tous les effets personnels retrouvés non loin de la dépouille, dont ses chaussures et son sac à main. "La découverte se fait en forêt, dans un ruisseau, avec des affaires à côté, certaines éparpillées. Il y a un ensemble de faisceaux et d'indices pour les enquêteurs. Rien que le positionnement de la scène peut indiquer une action violente", observe François Daoust.

· Une autospie menée mercredi

Pour l'heure toutefois, les causes de la mort sont encore inconnues. Accident? Agression? Un premier examen externe du corps par un médecin légiste "n'a pas permis d'identifier les causes" du décès ni à quand remonte précisément la mort, a précisé la procureure de la République de Vienne Audrey Quey. L'autopsie, qui doit être menée mercredi, orientera donc l'enquête.

"Il n'y avait pas de malaise, elle n'avait pas eu de problème dans sa journée. Ça ne ressemble pas à une fugue", a souligné la procureure de la République. "Toutes les pistes sont ouvertes, du cercle d'amis au prédateur qui passerait dans la région", poursuit l'ancien chef de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale.

Les enquêteurs vont aussi regarder si des personnes condamnées pour des violences sexuelles ont récemment été libérées de prison et dans ce cas vérifier leur alibi.

· Etude du bornage du téléphone

Dans ce long travail d'enquête, la téléphonie sera également examinée de près. La victime a passé un appel juste avant de disparaître, le bornage de son téléphone portable permettra donc "de connaître tous les téléphones qui étaient dans le secteur au moment des faits".

Lundi soir, la procureure a lancé un appel à témoins pour récolter "tout élément susceptible d'être utile à la manifestation de la vérité". Les appels passés au numéro vert (0.800.200.142) pourront "étoffer le dossier" selon François Daoust, ou tout du moins "fermer les pistes les une derrière les autres."

Esther Paolini Journaliste BFMTV