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Levothyrox: la justice déboute 4113 plaignants face à Merck

Levothyrox (photo d'illustration)

Levothyrox (photo d'illustration) - DAMIEN MEYER / AFP

Le Tribunal d'instance de Lyon a estimé que le laboratoire Merck n'a pas commis de faute, et notamment qu'il a oeuvré dans les règles et de concert avec les autorités sanitaires françaises.

Ce mardi, la justice a débouté les 4113 malades de la thyroïde qui avaient assigné le laboratoire Merck pour "défaut d'information" après le changement de formule de son médicament, Levothyrox.

Sur la demande principale "tendant à établir l'existence d'une faute délictuelle" du laboratoire allemand, le Tribunal d'instance de Lyon a débouté les plaignants. Il a notamment estimé que Merck avait oeuvré dans les règles et de concert avec les autorités sanitaires françaises.

Le laboratoire n'a pas commis de faute

Le tribunal a également retenu dans son jugement que "la qualité et la valeur thérapeutique du médicament nouvelle formule" étaient "certaines", et que sa notice contenait des informations "suffisamment précises et pertinentes" pour les patients concernés. La justice estime ainsi que le laboratoire n'a commis aucune faute.

"Le juge a reconnu la pertinence, au regard du cadre réglementaire en vigueur, du dispositif d'information mis en place lors de la transition, entre mars et septembre 2017, de l'ancienne à la nouvelle formule du Levothyrox", s'est félicité le directeur juridique de la filiale française, Florent Bensadoun, dans un communiqué.

Une nouvelle formule du Levothyrox, prescrit contre l'hypothyroïdie et fabriqué par le laboratoire Merck, avait été mise sur le marché au printemps 2017. Entre mars 2017 et avril 2018, elle avait été incriminée par quelque 31.000 patients victimes d'effets secondaires (fatigue, maux de tête, insomnies, vertiges, etc.).

Information judiciaire toujours en cours

Au cours de l'audience, les avocats des 4113 plaignants regroupés dans une action collective via une plateforme en ligne avaient réclamé une indemnisation de 10.000 euros pour chacun d'eux, soit plus de 41 millions au total.

L'affaire fait par ailleurs l'objet, au pénal, d'une information judiciaire contre X instruite par le pôle santé du TGI de Marseille. Ouverte le 2 mars 2018 pour tromperie aggravée, blessures involontaires et mise en danger de la vie d'autrui, elle a été élargie depuis par le parquet au chef "d'homicide involontaire".

Au total, trois millions de patients prennent ce médicament en France, selon Merck. 2,5 millions de malades utilisent la nouvelle formule.

La France a été le premier pays où la nouvelle formule a été introduite. Depuis, la Suisse a suivi sans rencontrer de difficultés et Merck a prévu de la lancer dans 21 pays de l'Union européenne.

Clémentine Piriou avec AFP