BFMTV

L'IGPN saisie après une fausse couche dans un commissariat à Paris

Un commissariat

Un commissariat - JACQUES DEMARTHON / AFP

La femme a été interpellée pour une agression présumée. Elle a fait une fausse couche dans un commissariat du 12ème arrondissement de Paris.

Une enquête a été ouverte après la plainte d'une femme enceinte de deux mois ayant fait une fausse couche lors d'une garde à vue mardi dans un commissariat du 12ème arrondissement de Paris, d'après des informations de BFMTV.

Agression sur la voie publique

Cette femme a été interpellée mardi après avoir agressé un couple sur la voie publique le 16 juillet dernier. Selon nos informations, elle était alors en voiture avec un ami et a eu un accrochage en voiture avec une femme qui se trouvait en terrasse avec son compagnon. Le ton est monté, la jeune femme aurait frappé la seconde avec une carafe d’eau tandis que son compagnon frappait le compagnon de la femme en terrasse.

Refusant d'être placée en cellule de garde à vue au commissariat du 12ème arrondissement, elle s'est débattue et les policiers sont intervenus pour la maîtriser, selon des informations de BFMTV. 

Geste de contrainte

Elle s'est ensuite plainte de douleurs et a indiqué qu'elle était enceinte. Les policiers lui ont proposé d'appeler les pompiers, ce qu'elle a d'abord refusé puis ils ont finalement appelé un médecin. Une fois hospitalisée, les médecins lui ont annoncé qu'elle avait fait une fausse couche. 

La femme a porté plainte mercredi, a précisé la préfecture de police à BFMTV. Une autopsie du fœtus pourrait avoir lieu afin de définir les circonstances précises de cette perte.

Selon une source proche de l’enquête auprès de BFMTV qui a vu les vidéos, les images montrent un fonctionnaire avoir un geste de contrainte pour la mettre en cellule, mais elle ne tombe pas et n’est pas frappée.

Affaire "complexe"

L'affaire est en tout cas prise au sérieux puisque le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a immédiatement demandé la suspension provisoire d'un policier en attendant les conclusions de l'enquête.

"C'est une affaire complexe, des vidéos du commissariat sont en cours d'exploitation, des témoins (notamment d'autres gardés à vue) doivent être entendus", selon la source proche du dossier.

L'Inspection générale de la police nationale (IGPN) a également été saisie et un policier a été suspendu à titre conservatoire "sans qu'à ce stade un lien de causalité puisse être établi entre la perte de l'enfant et une éventuelle faute", ajoute la préfecture de police.

Le parquet de Paris a confirmé à l'AFP avoir confié à l'IGPN cette enquête pour "violences volontaires sur personne en état de grossesse en réunion par personne dépositaire de l'autorité publique".

Raphaël Maillochon avec Esther Paolini