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Attentats de Paris: deux proches de Coulibaly mis en examen et écroués

Le premier suspect mis en examen aurait échangé 600 sms avec Amedy Coulibaly entre septembre 2014 et le 6 janvier 2015, veille de l'attaque à Charlie Hebdo. Son avocat prétend que leurs relations étaient "amicales". L'ADN de l'autre homme mis en examen avait été retrouvé sur un taser dans l'Hyper Cacher.

Les deux suspects déférés dans l'affaire des attentats de Paris ont été mis en examen pour "participation à une association de malfaiteurs terroriste en vue de commettre des crimes contre les personnes", et écroués. L'information judiciaire a été ouverte le 20 janvier.

Le premier s'appellerait Amar. Âgé de 33 ans et connu de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), il aurait échangé 600 sms entre le mois de septembre 2014 et le 6 janvier 2015 avec Amedy Coulibaly, auteur de l'attaque à l'Hyper Cacher. La veille de l'attaque à Charlie Hebdo, son portable aurait été repéré près du domicile d'Amedy Coulibaly. D'après un communiqué du parquet, Amar aurait rencontré l'auteur de l'attaque de l'Hyper Cacher "à plus de 10 reprises en région parisienne" sur la même période, en particulier les 5 et 5 janvier 2015".

"Des relations amicales"

Il fait la connaissance d'Amedy Coulibaly à la prison de Villepinte où il a été incarcéré entre février 2010 et juillet 2013.Son avocat, Me Régis Meliodon, assure que les hommes étaient simplement amis et considère qu'"il faut qu'il s'explique sur les liens étroits qu'il avait avec M. Coulibaly". "On lui reproche d'avoir été en relation à de multiples reprises avec M. Coulibaly et l'instruction va démontrer, je l'espère que cela n'était que des relations amicales", a déclaré le conseil auprès de BFMTV.

"C'est un musulman, normal, absolument rien à voir avec des thèses terroristes ou des thèses islamistes. Absolument rien à voir. Un garçon normal, français d'origine algérienne", a décrit Régis Meliodon.

D'après un communiqué de presse du Procureur de la République, il est "actuellement détenu dans le cadre d’une demande d’extradition émanant des autorités judiciaires espagnoles, à la suite d’un mandat d'arrêt européen décerné le 12 juin 2013", pour trafic de stupéfiants et détention d'armes. 

De l'ADN sur un taser de Coulibaly

L'ADN du second suspect, mis en examen quelques heures après, avait été retrouvé sur la lanière d'un taser retrouvé dans l'Hyper Cacher de la Porte de Vincennes, "dans les affaires d'Amédy Coulibaly", précise le parquet. Âgé de 25 ans, il se prénommerait Said et a été, selon le parquet "condamné à quatre reprises pour des faits de violence en réunion, tentative de vol aggravé, conduite en état d'ivresse (...) vol et refus d'obtempérer".

Les enquêteurs ont aussi pu déterminer qu'Amar et Said ont eu plus de 1.200 contacts téléphoniques entre février 2014 et janvier 2015 et "se fréquentaient régulièrement". Ils "avaient tous deux détruit, ensemble, leurs puces de téléphone portable", le 9 janvier, jour de l'attaque de l'Hyper Cacher.

Quatre proches d'Amedy Coulibaly ont été placés en garde à vue lundi. Une garde à vue qui a été prolongée par la suite pour trois d'entre eux. Deux gardes à vue ont été levées les 10 et 12 mars. La piste des soutiens logistiques dont a pu bénéficier Coulibaly a déjà permis aux enquêteurs d'arrêter fin janvier quatre de ses proches, les seules personnes mises en examen jusqu'ici dans l'enquête sur les attentats, qui ont fait 17 morts en plus des trois tueurs.

C. P. et A. D. avec Cécile Ollivier