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Arbitrage: "Il y aura un nouveau procès", promet Bernard Tapie

De nouveau mis en examen la semaine dernière pour "détournement de fonds publics par une personne privée", Bernard Tapie a choisi le plateau de BFMTV pour rompre son silence. Il fait part de son optimisme et de sa détermination face à la justice.

C'est la première fois qu'il s'exprime depuis sa nouvelle mise en examen, mercredi dernier. Bernard Tapie, invité de BFMTV ce lundi soir, est revenu sur le dernier rebondissement judiciaire qui le vise dans le cadre de l'affaire de l'arbitrage controversé qui lui a accordé plus de 400 millions d'euros dans son litige avec le Crédit Lyonnais.

Si jamais l'annulation de ce très contesté arbitrage est confirmée, ce que la cour d'appel a souhaité et ce qui donnera lieu à un nouveau procès en septembre, Bernard Tapie rendra-t-il l'argent? Celui qui a affirmé avoir pensé au suicide face à ce qu'il considère l'acharnement de la justice, a affirmé sur notre plateau toute sa détermination face aux "chasseurs". Comprendre: les juges.

"Ils m'ont volé!"

"Il y aura de nouveau un procès", martèle ainsi le directeur du journal de presse quotidienne La Provence si l'annulation de son arbitrage est belle et bien prononcée au début de cet automne. "Est-ce qu'une fois pour toute, il faut que je vous envoie les différentes décisions de justice rendues par le tribunal de commerce, par le tribunal administratif, par le Conseil d'Etat, par la cour d'appel?", attaque-t-il ensuite.

"Ils m'ont volé", persiste l'ancien ministre, pointant le Crédit Lyonnais. "Beaucoup plus que ce qu'on a reçu". Il y aura ainsi, promet Bernard Tapie, une nouvelle action en justice. "Les actes seront réétudiés", affirme-t-il, avant de répéter sa ligne de défense. "Quand vous vendez le jour-même quelque chose à 4,5 milliards ce que vous avez acheté le jour-même 2 milliards et que vous êtes le mandataire, vous commettez une faute irréparable", accuse l'ancien ministre. "Moralement je n'en parle même pas, j'étais client de cette banque depuis 17 ans." 

Mais comment il se serait fait rouler? "Je n'étais plus à la tête de mes affaires", déclare l'ancien ministre.

Une vive polémique, et une affaire vieille de 20 ans

L'arbitrage, rendu en juillet 2008 par trois personnalités choisies par les parties, devait mettre un terme à cette longue affaire où l'ancien ministre de la Ville et ex-président de l'OM se dit escroqué par la banque. Objet du litige: la vente d'Adidas, que Bernard Tapie avait racheté avant de s'en défaire en 1993.

La sentence arbitrale avait donné lieu à une vive polémique autour du choix de renoncer à la justice ordinaire et sur le montant des sommes allouées, 403 millions d'euros, intérêts compris, dont 45 au titre du seul préjudice moral. Deux ans plus tôt, la Cour de cassation avait cassé un arrêt de la cour d'appel de 2005 indemnisant Bernard Tapie à hauteur de 135 millions d'euros.

La dernière mise en examen visant Bernard Tapie, pour "détournement de fonds publics par une personne privée", s'ajoute à celle pour escroquerie en bande organisée en juin 2013 et à cinq autres personnes dans ce dossier.

Jérémy Maccaud