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La Seine-St-Denis au secours de Grand Corps Malade, après l'annulation d'un concert

Grand Corps malade, en juin 2014.

Grand Corps malade, en juin 2014. - AFP

Un concert de Grand Corps malade, prévu au théâtre municipal du Blanc-Mesnil, a été annulé par le maire UMP, Thierry Meignen, furieux que l'artiste invite sur scène Rachid Taxi, un artiste opposé à la nouvelle municipalité. Le département de la Seine-Saint-Denis vient de proposer au slameur de lui prêter une salle au Blanc-Mesnil.

L'artiste Grand Corps Malade, qui devait se produire le 21 mai au théâtre municipal du Blanc-Mesnil, en Seine-Saint-Denis, a dénoncé vendredi une "censure" après l'annulation de son concert par la municipalité pour des raisons qu'il qualifie de "politiques".

"Je ne vais pas me taire, en annulant ce concert on m'empêche de m'exprimer, on me censure", a déclaré le slameur de 37 ans, natif de cet ancien bastion communiste, dénonçant un "procès d'intention" de la part du nouveau maire UMP.

"Une excuse bidon"

Dans le cadre de sa tournée Funambule Tour 2015, son spectacle dans cette commune du nord de la banlieue parisienne était programmé depuis quatre mois. Il a été annulé mardi "par courrier recommandé", la mairie invoquant "un problème d'assurance", a-t-il précisé, confirmant une information du Parisien.

"C'est une excuse bidon. La municipalité ment de façon décomplexée car en fait elle s'opposait à la venue sur scène de Rachid Taxi et avait peur de potentiels propos politiques de ce citoyen concerné", a affirmé Fabien Marsaud, alias Grand Corps Malade.

"Une provocation" pour le maire UMP Thierry Meignen

Rachid Taxi, nom de scène, est un chauffeur de taxi qui vit au Blanc-Mesnil, ami de Grand Corps Malade qui l'a plusieurs fois fait monter sur scène lors de ses concerts. "C'est un duo purement artistique et c'est mon concert, j'invite qui je veux", a insisté le slameur, personnalité emblématique de la Seine-Saint-Denis, affirmant qu'il s'était engagé "moralement" et "par écrit" pour "rassurer" la municipalité quant à la venue de son ami.

Pas suffisant pour le maire UMP, Thierry Meignen, qui s'est dit "pris au piège". "Le simple fait de faire monter cette personne sur scène est une provocation, un coup tordu. Grand Corps Malade le sait", s'est-il justifié. Qualifiant Rachid Taxi d'"intervenant", "ni chanteur, ni artiste", Thierry Meignen a affirmé que ce "militant d'extrême-gauche" passait son temps à le "calomnier sur internet". "Ce n'est pas de liberté d'expression qu'il s'agit ici. Je dis non car la ville paye pour avoir Grand Corps Malade, dans le contrat il vient seul, il est assuré, et ça n'est pas respecté", a-t-il précisé.

La Seine Saint-Denis au secours de l'artiste

Dans un tweet, la ministre de la Culture Fleur Pellerin a dénoncé jeudi soir une "annulation honteuse au Blanc Mesnil. Une décision politique contre la liberté de création. Inacceptable".

Pointant de son côté une décision qui "heurte la liberté artistique", le président socialiste du département, Stéphane Troussel, a proposé à Grand Corps Malade d'organiser un concert "dans les prochaines semaines" dans un collège du Blanc-Mesnil.

Une "très bonne idée", selon l'artiste, qui précise que "Rachid Taxi sera là" et n'exclut pas d'engager des poursuites judiciaires contre la municipalité pour "rupture de contrat abusive". "Récupération politicienne", a balayé vendredi soir Thierry Meignen dans un communiqué, reprochant au socialiste de "faire de la politique dans un collège" et de "prendre les collégiens en otage".

C. P. avec AFP