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Cannes: ces palmes d'or qui ont fait un flop en salles

Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures), palme d'or 2010.

Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures), palme d'or 2010. - Pyramide films

Si une palme d'or à Cannes est souvent un tremplin pour un film, certains, un peu difficiles d'accès, n'en ont pas vraiment profité. Voici cinq d'entre eux, qui ont séduit le jury, moins le public.

"Cannes c'est chiant"... comme Sophie Marceau, le public boude parfois le palmarès du festival. Trop élitiste, trop confidentiel, trop politique, trop long... le film récompensé par la palme d’or ne rencontre pas toujours le succès en salle. Certes elle pèse sur le destin des films, d'autant que Cannes précède leur sortie en salle et leur offre un éclairage inégalé. Mais elle n'a pas empêché certains films de connaître une existence des plus confidentielles à leur sortie. Voici les cinq plus gros bides dans les salles obscures françaises.

> Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures

“Splendide”, “magistral”, "éblouissement absolu"... le film du thaïlandais Apichatpong Weerasethakula a plus séduit (une partie de) la critique et le jury cannois, emmené par Tim Burton, que le public. Les spectateurs se sont semble-t-il plutôt ralliés à ceux qui l'ont estampillé "interminable" et "prodigieusement ennuyeux".

Palmée en 2010, l'aventure très contemplative de l'Oncle Bonmee a réuni moins de 130.000 spectateurs dans les salles françaises. Ce qui est peu pour une palme, mais sans doute plus que ce qu'aurait connu le film de ce jeune réalisateur au nom plus imprononçable qu'un volcan islandais, s'il était resté dans l'anonymat. D'ailleurs, lorsqu'il a été récompensé à Cannes, le film n'avait même pas encore trouvé de distributeur en France.

> Les Meilleures Intentions

Peut-être le plus gros bide pour une palme contemporaine. Le film du danois Bille August, au scénario signé Ingmar Bergman a fait un peu plus de 91.000 entrées en France, en 1992. L'actrice Pernilla August a, elle, obtenu le prix d'interprétation féminine. Gérard Depardieu présidait, cette année-là, le jury de Cannes, qui a préféré Les meilleures intentions à Basic Instinct de Paul Verhoeven et Twin Peaks de David Lynch.

> L'Anguille et Le Goût de la cerise

L'Anguille du Japonais Shohei Imamura a partagé la palme en 1997, avec Le goût de la Cerise, de l'Iranien Abbas Kiarostami. "Deux beaux films, qui auront sans doute du mal à séduire le grand public", prophétisait alors un reportage de France 2. Pas faux. Le goût de la cerise a fait 140.000 entrées en France. L'Anguille a connu un meilleur accueil, avec 237.000 entrées.

> L'éternité et un jour

La palme d'or du 51e festival de Cannes, en 1998, a été décernée à l'unanimité par le jury de Martin Scorsese. Pourtant, le film de Theo Angelopoulos a été vu en salle par un peu moins de 182.000 spectateurs.

Magali Rangin