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Cannes 2014: pour Xavier Dolan, tourner c'est "une drogue dure"

Le réalisateur canadien Xavier Dolan, lors de la conférence de presse pour son film "Mommy", en sélection officielle à Cannes.

Le réalisateur canadien Xavier Dolan, lors de la conférence de presse pour son film "Mommy", en sélection officielle à Cannes. - -

Le jeune prodige canadien de 25 ans est de retour sur la Croisette, deux après "Laurence Anyways". Son film "Mommy" est en sélection officielle et a été plutôt bien accueilli, jeudi.

A 25 ans, il a déjà réalisé cinq films. Pourtant, Xavier Dolan, qui présente Mommy jeudi à Cannes, pour la première fois en sélection officielle, nie toute boulimie. "Ce n'est pas un devoir pour moi de faire un film, je ne sens pas que j'ai besoin de faire un film chaque année ou chaque six mois", a-t-il ainsi expliqué lors d'une conférence de presse.

Pas un devoir ni une pression du chiffre, mais un besoin tout de même. "C'est une nécessité, c'est ma manière à moi de m'exprimer. Les plateaux de tournage, pour ceux qui les connaissent, que ce soit les acteurs, les réalisateurs ou les directeurs photo, procurent une adrénaline absolument unique. C'est comme une drogue dure, on n'en revient jamais vraiment, on en a besoin. Mon rythme de consommation est élevé", a-t-il poursuivi en riant.

"J'ai grandi dans une famille monoparentale"

Malgré son jeune âge, Xavier Dolan est déjà un habitué du Festival de Cannes. En 2012, il avait présenté Laurence Anyways, dans la catégorie Un certain regard. J'ai tué ma mère, en 2009, avait décroché trois prix à la Quinzaine des réalisateurs en 2009, et abordait déjà le thème du rapport fils/mère, de nouveau à l'honneur avec son dernier film Mommy.

"Ma relation avec ma mère m'a inspiré pour mon premier film [NDLR: J'ai tué ma mère], qui était autobiographique", a expliqué Xavier Dolan, entouré des interprètes de Mommy. "Par la suite, la figure de la mère en soi m'a inspirée pour les autres (...) Je ne sais pas pourquoi c'est un territoire aussi fertile, aussi inspirant, aussi enrichissant que de parler de la place de la mère dans la société".

"Moi j'ai grandi avec une mère monoparentale (sic), a-t-il rappelé, je l'ai vue se battre pour certaines choses, abdiquer pour d'autres. Ca m'a donné l'envie, avec le cinéma de la venger, de nous venger. c'est le propre du cinéma, on a tous les droits, toutes les libertés pour gagner, pour faire ce que la vie ne nous laisse pas faire".

Magali Rangin