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Lyon: la zone à faibles émissions bientôt étendue, les véhicules diesels interdits d'ici 2026?

La Métropole de Lyon a annoncé la semaine dernière son intention "d'amplifier et d'étendre" la zone à faibles émissions. Les voitures de particuliers les plus polluantes pourraient être interdites.

L'objectif est clair: Bruno Bernard veut sortir du diesel d'ici la fin de son mandat en 2026. Pour y parvenir, le président écologiste de la Métropole de Lyon compte renforcer la zone à faibles émissions mise en place dans l'agglomération depuis le début de l'année 2020.

Actuellement, l'accès à cette zone est interdit à une partie des véhicules de transports de marchandises. Pour accéder à la zone, ces véhicules doivent être munis de vignettes Crit'Air 3, 2, 1 ou 0. Dès le 1er janvier 2021, une nouvelle restriction entrera en vigueur avec l'interdiction des véhicules avec une vignette Crit'Air 3.

Mais Bruno Bernard veut aller plus loin, comme il l'a affrmé lors du dernier comité de pilotage de la ZFE mardi dernier. Il souhaite notamment élargir à de nouvelles communes cette zone aujourd'hui composée de Lyon, Caluire-et-Cuire ainsi que des secteurs de Villeurbanne, Bron et Vénissieux situés à l'intérieur du boulevard Périphérique Laurent Bonnevay.

Le périmètre actuel de la Zone à faibles émissions.
Le périmètre actuel de la Zone à faibles émissions. © Grand Lyon

Etendre l'interdiction aux véhicules particuliers

L'autre mesure concerne l'extension de cette zone aux véhicules des particuliers. "Seuls les véhicules disposant des vignettes Crit’Air 0 et 1 seront autorisés dans le périmètre de la ZFE d’ici la fin du mandat", ambitionne la Métropole.

Mais ce durcissement des conditions d'accès fait déjà râler certains automobilistes. "Cette voiture, je l'ai achetée 6000 euros, j'estime que je dois pouvoir rouler avec n'importe où et dans n'importe quelle ville", estime ainsi un conducteur au micro de BFM Lyon. "Je suis artisan, j'ai pas de sous, je fais comment pour changer?", s'interroge pour sa part cette Lyonnaise.

Des mesures pour aider à la transition

Pour accompagner cette transition, la collectivité promet des mesures d'accompagnement. La Métropole envisage "en particulier d’importants investissements dans les alternatives à la voiture (modes actifs, transports en commun, autopartage et covoiturage). Un dispositif de soutien à l’acquisition ou à l’usage de véhicules à faibles émissions doit également voir le jour.

"Notre objectif est qu’à terme le parc automobile soit à la fois réduit et dépollué", explique dans le communiqué le président de la Métropole Bruno Bernard, alors que les modalités complètes du futur dispositif doit être présenté dans les prochaines semaines.

Ce renforcement de la ZFE devra être ensuite entériné lors d'une délibération présentée aux élus lors du conseil de la Métropole en mars 2021. Mais déjà, l'opposition dénonce un manque de débat et d'échanges.

"La qualité de l'air est un sujet majeur, et oui cela passera par des contraintes nouvelles sur la circulation automobile", affirme Didier Vuillerme, délégué du groupe métropolitain Territoire de progrès. "En revanche, pour que des contraintes soient respectés, encore faut-il qu'elles soient acceptables. Et pour qu'elles soient acceptables, il faut qu'elles soient discutées."

Benjamin Rieth Journaliste BFM Régions