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"Lyon en colère": des habitants lancent une action collective contre l'Etat sur l'insécurité

Les habitants de plusieurs quartiers de Lyon se disent excédés par les rodéos urbains, les incivilités, mais aussi les agressions et les rixes.

Réunis sous le nom "Lyon en colère", plusieurs collectifs de riverains ont décidé de s'attaquer à l'Etat. Ils viennent de lancer une action collective en justice via la plateforme V pour Verdict qui vise le préfet du Rhône. Les inscriptions ont ouvert mercredi pour une durée de trois semaines.

La procédure s'adresse "aux habitants en colère et excédés - et ils le sont à un point que vous ne pouvez même pas imaginer", explique Me Edouard Raffin sur BFM Lyon.

"Des agressions, des rixes"

Cette action fait écho à celle lancée l'année dernière par le collectif Presqu'île en colère contre la ville de Lyon. Mais depuis, "les troubles ont évolué", note leur avocat, débordant "sur le 5e arrondissement, les pentes de la Croix-Rousse, Gerland ou Guillotière".

"Au début, c'est simplement de la tranquilité: des nuisances sonores, des bruits de klaxon, des rodéos urbains qui empêchent les habitants de dormir. Aujourd'hui, on est plus dans l'insécurité, avec des agressions, des rixes, des altercations le soir dans la rue dans tous les quartiers", affirme Me Edouard Raffin. L'insécurité aurait notamment bondi après le déconfinement.

Ras-le-bol des habitants

Si l'affaire pourrait à terme finir devant un juge du tribunal administratif, il s'agit pour le moment de forcer l'Etat à réagir. "Il faut que les effectifs de police soient augmentés et que des mesures supplémentaires soient prises pour l'ensemble des quartiers", insiste Me Edouard Raffin.

"On a constaté dans d'autres affaires, à Paris ou à Marseille, que l'Etat avait été condamné donc c'est bien qu'il est défaillant", précise l'avocat, qui met en garde contre le ras-le-bol des habitants prêts à mettre en place "des patrouilles privées. "Ça m'inquiète parce que c'est à la police républicaine de faire ce travail de tranquilité et de sécurité".

Benjamin Rieth Journaliste BFM Régions