BFM Lyon
Lyon

Covid-19: partie en renfort en Martinique, cette infirmière n'a toujours pas été payée

Quatre mois après leur retour en métropole, certains soignants n'ont toujours pas reçu leur salaire alors qu'il s'étaient portés volontaires pour aider dans les hôpitaux submergés par le Covid-19.

C'est la grande désillusion. Partis prêter main forte dans les hôpitaux des Antilles submergés par le Covid-19 à la suite de l'appel à la mobilisation d'Olivier Véran le 8 août dernier, des centaines de soignants n'ont pas encore été payés en ce début d'année 2022.

"La vocation n'a jamais payé un loyer"

En septembre dernier, Claire Finociety, infirmière vacataire de Chaponost a passé quatre semaines éreintantes en Martinique, loin de sa famille, à aider les équipes locales. Mais quatre mois après son retour, cette mère de famille n'a toujours pas été payée.

"Je m'attendais au moins à avoir ce que peut toucher une infirmière en temps plein, c'est-à-dire autour de 1800 euros, sachant qu'on est censé être payé 20% de plus dans les départements d'Outre-mer", explique-t-elle au micro de BFM Lyon.

Claire a pu compter sur son conjoint pour assurer les besoins de la famille, mais tous les soignants n'ont pas eu cette chance: "J'ai malgré tout des collègues qui sont seuls avec des enfants, qui n'ont pas cette souplesse financière, et qui sont maintenant interdits bancaires".

Pour Claire, cette situation illustre le mépris de l'État envers les soignants. "Quand il a fallu partir en renfort en Outre-mer, ils nous ont trouvés. Et maintenant qu'il faut nous payer, ils ne nous trouvent plus. On n'a plus envie de laisser passer ça parce qu'il n'y a pas de métiers où les gens acceptent de travailler sans être rémunérés. Certes, on parle de vocation, mais la vocation n'a jamais payé un loyer ou mis de nourriture dans une assiette", s'indigne-t-elle.

Un décret incomplet à l'origine de la situation

Fin décembre, des soignants ont mis en ligne une pétition pour réclamer leur dû à l'État. Elle compte à ce jour plus de 250 signatures. D'abord silencieux, le ministère de la Santé a admis un bug administratif concernant le décret publié le 17 août qui fixe la rémunération du personnel médical et para-médical, mais pas celle des kinésithérapeutes, manipulateurs radio et aides-soignants.

Le ministère a promis de publier un nouveau décret à la mi-janvier pour corriger le tir: "Nous disposerons ainsi d’un cadre juridique global pour éviter que le problème se repose", a-t-il dit à Ouest France.

De leur côté, les soignants se veulent méfiants. "Nous ne disposons d’aucune garantie que ce soit fait à ce jour", écrivent-ils.

Aline Picard, Lucie Jung et Louis Chahuneau