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Le Chili limite l'activité touristique sur l’île de Paques pour la préserver

Des Moaï de l'île de Pâques - Image d'illustration

Des Moaï de l'île de Pâques - Image d'illustration - GREGORY BOISSY / AFP

La durée maximale du séjour pour un touriste passe ainsi de 90 à 30 jours.

116.000 touristes annuels et une population qui a doublé en quelques décennies seulement, l’île de Pâques et ses célèbres statues Moaï sont en danger. Ainsi, pour éviter tous risques liés à la surfréquentation touristique, le Chili, à qui appartient ce petit bout de terre situé dans le Pacifique, souhaite en limiter l’accès.

"Cette île est magique, tout le monde veut la visiter, mais c'est aussi une île délicate que nous devons protéger. La nouvelle loi a pour objectif d'y réguler le tourisme", a déclaré le président chilien, Sebastian Piñera à la chaîne d'information 24 horas.

Depuis maintenant plusieurs années, la multiplication d’hôtels sur l’île met en danger sa faune et sa flore.

La loi, entrée en vigueur mercredi, fait passer la durée du séjour de 90 à 30 jours maximum pour les touristes. Ceux qui souhaiteront se rendre sur ce territoire chilien devront en outre répondre à certains critères: remplir un formulaire, avoir une réservation dans un hôtel ou avoir été invité par un insulaire et présenter ses billets aller et retour. Cette mesure s'applique aux étrangers mais aussi aux Chiliens désirant visiter l'île.

Le texte impose également des conditions pour s'y installer durablement: il faudra être le père, la mère, le conjoint ou le fils d'un membre de la communauté autochtone des Rapa Nui, qui est d’ailleurs, souligne Le Figaro, redevenu le nom officiel de l’île.

"Ceux du conti" pointés du doigt

En outre, seuls les fonctionnaires, les salariés d'organisations travaillant pour le compte de l'Etat et ceux qui développent une activité économique indépendante pourront y résider avec leurs familles.

De plus, nombreux sont les Insulaires à se plaindre de la présence massive de "ceux du conti", surnom donné aux personnes originaires du continent, à l'origine, selon eux, de la surexploitation et la mauvaise utilisation des ressources de l'île, l'excès de consommation d'eau ou d'énergie électrique. Cela contribue aussi à diluer la culture locale d'origine polynésienne, dont sont issues les fameuses statues géantes de pierre appelées Moaïs, jugent les natifs.

"Les étrangers sont en train de prendre le contrôle de l'île", résume le maire de ce territoire Pedro Pablo Edmunds Paoa.

La pression touristique a eu un impact sur les services basiques de l'Île, mais surtout sur la gestion des déchets, a récemment déclaré en substance à l'AFP Ana Maria Gutierrez, conseillère en matière d'environnement de la municipalité.

S'il y a dix ans, l'île de Pâques produisait 1,4 tonne de déchets par an, ce chiffre atteint aujourd'hui 2,5 tonnes, dont une faible part est recyclée. D'ici 2025, on calcule que l'île produira 32 tonnes de carton, 18 de plastique, 12 de boîtes de conserve et neuf de verre.

HS avec AFP