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L'Europe en quête de solutions pour lutter contre le jihadisme européen

Bernard Cazeneuve, le ministre de l'Intérieur français, et ses homologues européens, cherchent ce jeudi de nouvelles façons de lutter contre le jihad et le départ de jeunes européens en Syrie et en Irak.

Bernard Cazeneuve, le ministre de l'Intérieur français, et ses homologues européens, cherchent ce jeudi de nouvelles façons de lutter contre le jihad et le départ de jeunes européens en Syrie et en Irak. - Bertrand Guay - AFP

Bernard Cazeneuve et ses homologues européens se réunissent jeudi matin au Luxembourg pour trouver de nouvelles manières de lutter contre le jihad européen et la tentation des jeunes de rejoindre la Syrie.

Comment lutter contre le jihadisme européen et la radicalisation de des jeunes, qui partent combattre en Syrie et en Irak? C’est l’objet réunion qui se tient, dès ce jeudi matin au Luxembourg, entre ministres européens de l'Intérieur.

La délicate question d’Internet

Les participants "évoqueront notamment les défis posés par l'utilisation de l'Internet par les terroristes, les réponses possibles et ils discuteront des outils et des techniques permettant de répondre aux activités terroristes en ligne", a expliqué un porte-parole de la Commission européenne, interrogé par l'Agence France-Presse (AFP).

Ils ne discuteront pas de mesures spécifiques, mais de la façon dont les entreprises privées et les gouvernements pourraient coopérer, a-t-il précisé.

A ce titre, un dîner s’est tenu mercredi soir, entre la commissaire européenne chargée des affaires intérieures, Cecilia Malmström, ainsi que plusieurs ministres européens de l'Intérieur et des représentants des grandes compagnies d’Internet. En l’occurrence Facebook, Twitter et Google.

Un puissant outil de propagande

Les extrémistes ont trouvé en l'internet un outil puissant de propagande. Le groupe Etat islamique (EI) a mis en ligne ces dernières semaines les vidéos des décapitations d'otages occidentaux.

Les grands réseaux sociaux n'effectuent pas de surveillance, mais ferment les comptes qui vont à l'encontre des conditions d'utilisation, notamment en cas d'appels à la violence, une fois qu'ils ont été signalés. Au mois d'août, Twitter avait suspendu de nombreux comptes de membres du groupe Etat islamique et de ses partisans, qui relayaient les images de la décapitation du journaliste américain James Foley.

L’aide de Google et des autres géants du web, pour repérer les jihadistes en puissance, pourrait être précieuse. Reste à définir dans quelle mesure et quel cadre cela pourrait être mis en place.

Un fichier européen? La France est pour

Par ailleurs, comme l’a expliqué L’EXPRESS.fr mercredi, la France devrait plaider, au cours de cette réunion, la création d’un fichier "Passenger Name Record (PNR)", au niveau européen.

Le principe, qui sera porté ce jeudi par le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, est de lister toutes les personnes présentant un risque afin de les repérer dès l’instant où elles réservent un billet d’avion. Un système mis en place aux Etats-Unis à la suite des attentats du 11-Septembre, et adopté au Canada et au Royaume-Uni depuis.

3.000 personnes concernées en Europe

Le nombre de jihadistes européens partis combattre en Syrie et en Irak, comme les onze membres d'une famille niçoise, est en hausse, à "environ 3.000", a déclaré le mois dernier le coordonnateur européen pour la lutte contre le terrorisme, Gilles de Kerchove, qui donnait en juillet le chiffre de quelque 2.000.

Jé. M.