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Prière pour la paix: Abbas et Peres attendus par le pape au Vatican

Le pape François, ici le 6 juin au Vatican, avait invité Shimon Peres et Mahmoud Peres à venir prier pour la paix lors de son déplacement en Terre Sainte, fin mai.

Le pape François, ici le 6 juin au Vatican, avait invité Shimon Peres et Mahmoud Peres à venir prier pour la paix lors de son déplacement en Terre Sainte, fin mai. - -

Deux semaines après l'invitation formulée par le pape François, lors de son voyage en Terre Sainte, le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et son homologue israélien, Shimon Peres, se rendent au Vatican, ce dimanche, pour prier pour la paix.

En invitant à une rencontre de prière Shimon Peres et Mahmoud Abbas, le pape François effectue dimanche un geste historique et inédit au Vatican, même si aucun fruit immédiat n'en est attendu pour relancer le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens. Fort d'une popularité croissante, Jorge Bergoglio reçoit dans les somptueux jardins du petit Etat les présidents d'Israël et de Palestine, accompagnés de délégations non politiques de 15 à 20 personnes, ainsi que le patriarche orthodoxe de Constantinople, Bartholomée, qu'il avait associé à son voyage en Terre Sainte, du 24 au 26 mai.

"Invocation pour la paix"

Réaliste sur les fortes tensions entre Palestiniens et Israéliens, le pape a prévenu que ce n'était nullement une "médiation", ce qui serait "une folie". Dans un tweet publié samedi, le pape a exprimé son voeu: "la prière peut tout. Utilisons-là pour porter la paix au Moyen-Orient et dans le monde entier".

Prayer is all-powerful. Let us use it to bring peace to the Middle East and peace to the world. #weprayforpeace
— Pope Francis (@Pontifex) 7 Juin 2014

Le Vatican a défini la rencontre comme une "invocation pour la paix" pour éviter qu'elle soit assimilée à une "prière interreligieuse" qui poserait des problèmes inextricables aux trois religions. "On ne prie pas ensemble, on se retrouve pour prier", a insisté le père franciscain Pierbattista Pizzaballa, custode de Terre Sainte. Les deux présidents passeront un peu plus de deux heures au Vatican dont une heure de célébration.

Shimon Peres arrivera vers 18h15 (16h15 GMT), suivi un peu plus tard par Mahmoud Abbas, venant d'Egypte, où il aura participé à l'investiture du président Abdel Fattah al-Sissi. Ils seront accueillis par François à la résidence Sainte-Marthe (où il habite) et auront chacun un court entretien avec le souverain pontife.

Trois thèmes de prières

Puis ils se rendront ensemble jusqu'à une pelouse triangulaire près des Musées. Dans un ordre respectant la chronologie, les représentants juifs, chrétiens, puis musulmans auront un temps pour prier tour à tour et chacun sur trois thèmes choisis: celui de la "création" qui les rend tous frères, celui de la "demande de pardon", et enfin celui de "l'invocation pour la paix". Les prières en hébreu, anglais, italien, arabe seront accompagnées d'intermèdes musicaux.

Les amis argentins de Jorge Bergoglio, le rabbin Abraham Skorka et le professeur musulman Omar Abboud, déjà à ses côtés à Jérusalem, seront de nouveau de la partie. Puis le pape et les deux présidents feront chacun leur propre "invocation pour la paix". Les trois devraient se donner la main et planter un olivier.

Après une rencontre à huis clos à la Casina Pie IV, un pavillon tout proche, les deux présidents quitteront le Vatican. "Cette initiative vise à la paix dans une région traversée par des conflits, où politique et diplomatie ne sont pas parvenus à des résultats durables. (...) Nous voulons donner un signal, en Asie et en Europe, qu'avec l'aide de Dieu, nous pouvons arriver à des résultats", a affirmé Bartholomée au quotidien La Repubblica.

Événement sans précédent

L'évènement est sans précédent au Vatican. Au moment du Grand Jubilé de l'an 2000, des juifs et musulmans y avaient prié mais dans des lieux séparés. L'invocation se déroulera avec "la participation spirituelle" du pape émérite Benoît XVI, retiré au Vatican, a-t-on indiqué.

Plusieurs écueils étaient à éviter, et la lenteur à publier les listes des délégations montrait à quel point leur composition a dû être délicate. La date était aussi complexe: ni un Vendredi, jour férié musulman, ni un samedi, Sabbat pour les juifs. Le dimanche de Pentecôte, grande fête catholique de "l'Esprit saint", a été accepté. Un lieu neutre devait enfin être trouvé. Toute salle porteuse de fresques chrétiennes était proscrite et il fallait éviter que la prière soit dirigée vers l'Est, direction de La Mecque.

A.S. avec AFP