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Coronavirus: l'Italie entame ce lundi un prudent déconfinement

Encouragées par l'annonce dimanche de 174 décès en Italie en 24 heures, le nombre le plus faible depuis le début du confinement, les autorités italiennes vont entamer ce lundi un déconfinement prudent attendu par tous.

Premier pays à avoir confiné l'ensemble de sa population, l'Italie s'entrouvre ce lundi, avec un régime de semi-liberté surveillée qui reste à la merci d'une reprise de la pandémie de nouveau coronavirus.

Cette ambivalence résume l'état d'esprit d'un pays qui hésite entre soulagement et inquiétude, étouffé par près de deux mois d'enfermement, ébranlé par une économie à genoux et traumatisé par le décès d'environ 30.000 personnes, un bilan officiel sans doute en deçà de la réalité.

Mais, encouragées par l'annonce dimanche de 174 morts en Italie en 24 heures, le nombre le plus faible depuis le début du confinement, les autorités italiennes vont entamer un allègement attendu par tous. Même si ces dernières restent inquiètes face au risque d'une deuxième vague.

Promenades et vélos autorisés

Quelque 4,4 millions de salariés, qui ne sont pas en mesure de télétravailler, doivent retrouver le chemin du chantier, de l'entrepôt, de l'usine ou du bureau en gardant leurs distances, y compris dans des transports en commun qui fonctionnent à capacité réduite et où il faut porter un masque de protection.

Les Italiens peuvent désormais se promener, faire du vélo ou courir seuls au-delà de la proximité immédiate de leur domicile, sortir avec plusieurs enfants. Les parcs rouvrent, sauf cas particuliers. Il est également possible de rendre visite à des proches à condition qu'ils vivent dans la même région et d'assister à des funérailles regroupant quinze personnes maximum.

Moyennant 0,50 euro pièce, des masques sont, par ailleurs, mis à disposition dans 50.000 points de vente par les autorités qui ont commandé 5 millions de tests salivaires pour repérer d'éventuels foyers de contagion.

Attestation de déplacement obligatoire

Mais cette ouverture reste très prudente. L'école est fermée pour 8,5 millions d'élèves, vraisemblablement jusqu'en septembre. Les piques-niques ou week-end à la plage sont interdits.

L'ouverture des musées, des commerces de détail et des bibliothèques est suspendue au moins jusqu'au 18 mai. Les messes et les spectacles interdits jusqu'à nouvel ordre. Jusqu'en juin, au mieux, les bars et les restaurants gardent le rideau baissé, même s'ils sont toutefois autorisés à vendre de la nourriture à emporter. L'attestation de déplacement reste, enfin, obligatoire.

Un sondage réalisé fin avril par l'institut Demos montre une baisse de huit points de la cote de confiance du gouvernement de Giuseppe Conte. Avec deux Italiens sur trois qui le jugent positivement (63%), elle reste toutefois bien plus élevée que chez son voisin français également très endeuillé. 

Pauvreté, dette, récession 

Le confinement de la population avait été décidé le 9 mars par Giuseppe Conte. Près de deux mois plus tard, la troisième économie de la zone UE devrait connaître une récession de 8 à 10%, des millions d'emplois sont en danger, la dette publique devrait dépasser 155% du PIB.

L'organisation humanitaire Caritas a annoncé un doublement des personnes venues demander de l'aide, selon une étude faite en avril. 

L'organisation patronale du commerce, Confcommercio, prévoit une baisse de la consommation de 84 milliards d'euros en 2020 (-8% par rapport à 2019). Seulement 20% des Italiens envisagent de partir en vacances une fois l'urgence sanitaire terminée, selon Confturismo.

C.Bo. avec AFP