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Coronavirus: faut-il s'inquiéter d'une résurgence du virus en Chine?

Un nouveau groupement d'une centaine de cas liés à un marché géant a été découvert dans la capitale. Ce lundi, plusieurs quartiers pékinois ont été à nouveau confinés, et de nouveaux dépistages sont réalisés.

Ces derniers jours, le coronavirus fait un retour inquiétant dans plusieurs pays très touchés par la pandémie, comme en Chine, où plus de 100 nouveaux cas de Covid-19 ont été recensés en quatre jours dans la capitale. Il s'agit du plus important bilan depuis le mois d'avril dernier. Un chiffre qui a poussé les autorités à décréter le reconfinement de plusieurs zones résidentielles, ainsi qu'à refermer les sites sportifs et culturels.

"La semaine dernière, la Chine a fait état d'un nouveau foyer à Pékin, après plus de 50 jours sans aucun cas dans cette ville. Plus de 100 cas ont maintenant été confirmés", a déclaré le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, ce lundi, précisant que "l'origine et l'étendue de l'épidémie font l'objet d'une enquête".

Une campagne de tests massive 

Mais si l'inquiétude grandit au sein de la population et des autorités, certains professionnels appellent à ne pas paniquer. 

"Si de nouveaux cas ont été découverts, c'est tout simplement parce que davantage de tests sont désormais réalisés dans le pays et dans la région", avance à BFMTV Laurent Toubiana, épidémiologiste et chercheur à l'Inserm, pour qui "plus on cherche, plus on trouve, c'est naturel".

Depuis quelques jours, la Chine mène en effet une campagne massive de dépistage après la découverte d'un nouveau foyer d'infection autour du marché géant de Xinfadi, dans le sud de la capitale.

"Nous allons devoir bien travailler pour retracer l'origine des cas (...) Les tests de dépistage doivent être effectués autant que possible", a déclaré Xu Hejian, le porte-parole de la municipalité de Pékin. "Toutes les personnes présentes sur le marché de Xinfadi et les résidents des environs ont été soumises à des tests de dépistage". 

"Il faut accepter que le virus ne disparaîtra pas"

Jean-Paul Stahl, professeur de maladies infectieuses et tropicales au centre hospitalier de Grenoble contacté par BFMTV.com, estime lui aussi que cette résurgence "n'a rien d'étonnant." Mais pour lui, elle n'est pas seulement due à l'augmentation du nombre de tests de dépistage.

"Le virus existe désormais, et il faut accepter qu'il ne disparaîtra pas", explique le spécialiste. "Il ne faut pas avoir le fantasme qu'on n'entendra plus parler du coronavirus. Il existe bel et bien, il s'est adapté à l'espèce humaine, et tant qu'il y aura des Hommes et qu'on n'aura pas de vaccin, il continuera d'exister. Il faut accepter et s'attendre à ce qu'il y ait encore des gens malades." "Les cas sporadiques sont inéluctables, et donc les groupements de cas aussi. Car quand on met la main sur un cas positif, on en trouve généralement plusieurs", poursuit Jean-Paul Stahl. "La question est désormais de savoir s'il y aura, de nouveau, une tendance épidémique. Le tout est de réussir à contenir la résurgence du virus rapidement pour ne pas se retrouver dans un scénario où on est obligé de confiner toute une population".

Le retour des mesures restrictives

En Chine, les médecins se préparent tout de même déjà à une augmentation du nombre de cas dans les prochains jours. Ce lundi, l'OMS a appelé à "rester attentifs" les pays "qui ont démontré leur capacité à supprimer la transmission du virus".

"Il est possible que de nouvelles infections soient détectées dans la ville dans les prochains jours, et un confinement à l'échelle de la ville sera alors mis en place pendant quelques semaines", a déclaré à l'agence Bloomberg Ben Cowling, chef du service épidémiologique à l'Université de Hong Kong. 

Michael Ryan, le directeur des questions d'urgence sanitaire à l'OMS, a expliqué que lorsqu'un ensemble de mesures est rapidement pris, les foyers sont habituellement endigués. "Ce que nous aimons voir, c'est une réponse immédiate et un ensemble complet de mesures", a-t-il ajouté.

Jeanne Bulant