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Brexit: quel futur pour Theresa May après la nouvelle défaite? 

Theresa May - Image d’illustration

Theresa May - Image d’illustration - AFP / Daniel LEAL-OLIVAS

L'avenir de la locataire du 10 Downing Street semble de plus en plus incertain à mesure qu'approche la date fatidique du 29 mars.

Depuis le nouveau rejet mardi soir de l’accord sur le Brexit par les députés britanniques, le Royaume-Uni est dans l’expectative. Un personnage cristallise, et cristallisait depuis plusieurs mois déjà, toutes les tensions: la Première ministre Theresa May qui, à 17 jours de la date de sortie officielle du pays de l'UE, voit sa position de plus en plus fragilisée.

Ce mercredi en fin de matinée, l’UE a mis un peu plus la pression sur cette dernière puisque des "choix" politiques clairs ont été réclamés par les eurodéputés. "La solution doit venir de Londres", a en effet lancé mercredi le premier vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, à Strasbourg.

3e vote ou départ de May?

Cette nouvelle défaite humiliante pour la cheffe du gouvernement a-t-elle scellé définitivement son avenir politique direct? A l’heure actuelle, le prochain défi de Theresa May, et pas des moindres, sera de convaincre les députés de la nécessité d'un accord dans le cadre d'un potentiel 3e vote. 

"Pour changer la forme du Brexit, il faut une légitimité que May n'a plus. Définir la relation future peut passer par de nouvelles élections", estime l'analyste Eric Maurice auprès de l’AFP.

Le départ de Theresa May pourrait ainsi être la solution adéquate. L'hypothèse de ces nouvelles élections au Royaume-Uni fait partie des conditions qui pourraient convaincre les Européens d'accorder un report du Brexit au-delà de la courte extension jusque-là privilégiée, mais qui risque aujourd'hui de ne servir qu'à "prolonger l'agonie", selon un diplomate européen.

Ce report plus long "suppose un choix politique des Britanniques: un changement majeur comme de nouvelles élections, l'organisation d'un nouveau référendum ou la révocation de l'article 50", c'est-à-dire une annulation du Brexit, a détaillé ce diplomate.

Trois années compliquées

En cas de départ, les trois années au pouvoir de Theresa May à la tête du pays laisseraient une impression mitigée. Nommée Première ministre quelques jours après la victoire du "Oui" au référendum du Brexit, elle a toujours suscité une certaine méfiance. Elle n’a jamais su mobiliser l’opinion publique derrière la sortie de l’Union européenne, qu’elle défend toujours.

"Elle est d'abord apparue comme une unificatrice, mais elle a finalement fait preuve de peu de courage, d'imagination ou de talent dans sa gestion des négociations du Brexit", estime le magazine conservateur The Spectator.

En l'espace de trois ans, Theresa May a ainsi, en plus de la défiance d'une partie de la population, connu le départ de plusieurs de ses ministres importants.

La presse britannique pas tendre

Cette défiance envers Theresa May s'affiche sur les unes des journaux de ce mercredi matin outre-Manche. Comme l’ont remarqué Les Echos, cette nouvelle déroute pourrait bien ressembler à un chant du cygne, tant les médias ne sont pas tendres. Le quotidien I titre Out of control (Hors de contrôle) en représentant la cheffe du gouvernement devant le Parlement. Même tonalité pour The Daily Telegraph, qui explique que "May s’accroche malgré une défaite humiliante."

Sur le fond également, la presse britannique doute, dans sa grande majorité, de la capacité de la locataire du 10 Downing Street à sortir le pays de la crise. Le quotidien The Telegraph insiste sur le fait que le parti conservateur doit de toute urgence trouver un nouveau leader, et par conséquent appeler à de nouvelles élections, afin de sortir le pays de la crise. Si elle ne trouve pas de solution dans les jours à venir, l'avenir proche de la Première ministre à la tête du pays semble de plus en plus compromis. 

Hugo Septier