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Trump soutient coûte que coûte un candidat républicain accusé d'agressions sexuelles

Donald Trump à la Maison Blanche, le 21 novembre 2017.

Donald Trump à la Maison Blanche, le 21 novembre 2017. - Andrew Caballero-Reynolds - AFP

Malgré les appels au désistement de la part de l'ensemble du parti républicain, Donald Trump continue de soutenir Roy Moore, un candidat à un poste de sénateur, accusé d'agressions sexuelles.

Un soutien indéfectible, malgré les accusations. Mardi, le président américain Donald Trump s'est porté au secours d'un candidat républicain au Sénat, accusé d'attouchements sur mineures dans l'Alabama il y a plusieurs décennies.

"Nous n'avons pas besoin d'un libéral là-dedans, un démocrate", a relevé Donald Trump au sujet du Sénat à Washington, avant de partir pour cinq jours de vacances en Floride à l'occasion de Thanksgiving. En apportant son soutien à ce candidat polémique, Donald Trump va à contre-courant de son propre parti, qui a demandé le désistement de Roy Moore. 

Accusé d'agression sexuelle sur une mineure

Le candidat républicain Roy Moore, un magistrat ultra-conservateur qui fut chef du système judiciaire de l'Alabama, a été accusé par plusieurs femmes de comportements allant de baisers à des agressions sexuelles et attouchements, pour deux d'entre elles. La plus jeune était alors âgée de 14 ans. Des faits qui remonteraient à partir de la fin des années 1970, lorsqu'il avait la trentaine.

Donald Trump a répété à plusieurs reprises que Roy Moore "dément(ait) totalement" ces accusations. "Vous devez aussi l'écouter lui", a-t-il ajouté. La porte-parole de la Maison Blanche avait rapporté la semaine dernière que le président américain jugeait "extrêmement troublantes" les accusations à l'encontre de Roy Moore.

Pourquoi Trump le soutient-il?

Depuis la publication des premières accusations dans le Washington Post le 9 novembre, tous les ténors du parti républicain ont demandé à Roy Moore de se désister, mais celui-ci a refusé et nié toute agression sexuelle. Pourtant, son entourage le lâche: mercredi, le directeur de la communication de Roy Moore, John Rogers, a démissionné de l'équipe de campagne du candidat.

En prenant la décision de le soutenir, Donald Trump se démarque donc de son propre parti, pour lequel il vaut mieux perdre une élection que "perdre son âme". Le président américain, qui sait qu'il a une majorité très étroite au Sénat, préfère soigner sa base ultra-conservatrice. Par ailleurs, Donald Trump se sent peut-être menacé par le même type d'accusations, alors qu'une quinzaine de femmes se sont déjà plaintes publiquement de ses agissements.

Un scrutin aux répercussions nationales

Dans un entretien cette année, Roy Moore a expliqué avoir repéré une jeune fille qui se produisait lors d'un spectacle de danse de lycée alors qu'il était procureur adjoint. Selon le site d'informations d'Alabama al.com, elle devait avoir une quinzaine d'années et lui autour de 30 ans.

"Je me suis souvenu de son nom, Kayla Kisor, K.K. (...) Je ne l'ai jamais rencontrée à l'époque", a-t-il raconté. "Et, en gros huit ans plus tard, je l'ai rencontrée. Et lorsqu'elle m'a dit son nom, je me suis souvenu de K.K". Roy Moore et Kayla Kisor sont mariés depuis 1985. 

L'issue du scrutin du 12 décembre aura des répercussions nationales. La majorité républicaine actuelle au Sénat est de 52 sièges sur 100, une marge très mince qui a par exemple permis à seulement trois sénateurs républicains de torpiller l'abrogation de l'assurance maladie de Barack Obama. 

A.S. avec Jean-Bernard Cadier et AFP