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Entre Trump et son ex-conseillère, une joute aux airs de téléréalité

Donald Trump et Omarosa Manigault Newman en novembre 2015.

Donald Trump et Omarosa Manigault Newman en novembre 2015. - Timothy A. Clary - AFP

Le conflit qui oppose Donald Trump à son ancienne conseillère licenciée Omarosa Manigault Newman prend des airs de saga télévisée à rebondissements.

La dispute entre Donald Trump et son ex-conseillère Omarosa Manigault Newman se joue en plusieurs épisodes. Dernier en date: la salve de tweets vengeurs publiés lundi par le président américain, après que sa rivale a rendu public un enregistrement classé secret de son licenciement par le chef de cabinet de la Maison Blanche.

Trump pas épargné

Le rythme de cette joute digne d'une saga télévisée est pourtant donné par Omarosa Manigault Newman elle-même. Cette ancienne haute conseillère du président américain, qui était l'une des mieux rémunérées de la Maison Blanche, sort ce mardi un livreUnhinged, dans lequel elle accuse notamment l'actuel président de racisme. Mais pas seulement.

"Intolérant", "misogyne", souffrant d'une "grave déficience mentale" et inapte à tenir la fonction suprême: à 44 ans, Omarosa Manigault Newman n'épargne pas celui qui l'a rendue célèbre grâce à son émission de téléréalité The Apprentice.

En deux jours, elle a rendu publics deux enregistrements: dimanche, sa conversation avec le général John Kelly, enregistrée lorsqu'il lui apprenait son licenciement dans la salle de crise de la Maison Blanche, une "situation room" ultra-sécurisée où les appareils électroniques sont pourtant interdits. Et lundi, un court enregistrement dans lequel on peut entendre Donald Trump confier n'avoir rien su du licenciement de son ex-protégée. "Personne ne m'a rien dit", lui dit Donald Trump dans cette bande audio. "Je n'aime pas du tout l'idée que tu partes".

La "folle-dingue"

Donald Trump a riposté lundi dans une tempête de tweets, comme à son habitude. "Omarosa la folle-dingue, qui a été virée 3 fois de The Apprentice, a maintenant été virée pour la dernière fois. Elle n'est jamais arrivée à rien, n'y arrivera jamais. Elle m'a supplié que je lui donne un boulot, les larmes aux yeux, j'ai dit OK. Les gens de la Maison Blanche la détestaient. Elle était féroce mais pas intelligente". 

"Méchante avec les gens & ratait constamment les réunions & le travail. Quand le Gen. Kelly nous a rejoints, il m'a dit que c'était une nulle et qu'elle n'apportait que des problèmes. Je lui ai dit de tenter d'arranger les choses, si possible, parce qu'elle ne disait que des choses EXCELLENTES sur moi - jusqu'à ce qu'elle soit virée!", raconte encore Donald Trump. 

La Maison Blanche accuse l'ex-conseillère de mensonge

Depuis la diffusion des premiers extraits embarrassants de son livre, vendredi, la Maison Blanche martèle que cette "ex-employée mécontente" ment pour tirer de l'argent de fausses allégations, tout en accusant les médias de donner la parole à une personnalité qu'ils n'avaient "jamais prise au sérieux" lorsqu'elle travaillait pour Donald Trump. 

Un argument repris lundi par le président américain. "Même si je sais que ce n'est 'pas présidentiel' de m'en prendre à des crapules comme Omarosa, et que je préférerais ne pas le faire, c'est une forme de communication moderne et je sais que les Fake News Media vont faire des heures supplémentaires pour rendre même la folle-dingue Omarosa aussi légitime que possible. Désolé!".

Le président a également affirmé que l'ex-conseillère était tenue par un contrat de confidentialité, contrairement à ce qu'elle affirme.

De nouveaux enregistrements à venir?

Mais Omarosa Manigault Newman pourrait ne pas avoir abattu toutes ses cartes. Elle a d'ailleurs affirmé sur MSNBC conserver d'autres d'enregistrements de la Maison Blanche, qu'elle pourrait diffuser si l'administration Trump "lance des représailles", comme elle s'y attend. Avant de souligner que le président lui-même aime conserver des archives audio de ses "ennemis". 

Lundi soir, toujours sur Twitter, Donald Trump s'attaquait cette fois-ci aux accusations portées par sa nouvelle ennemie dans son livre. Trois sources affirment qu'il a prononcé le mot "nigger" plusieurs fois, et qu'un enregistrement le prouve. Ce mot, souvent remplacé par l'expression "N-word", est extrêmement raciste lorsqu'il est prononcé par un Blanc.

"Je n'ai pas ce mot dans mon vocabulaire et ne l'ai jamais eu. Elle a tout inventé", a écrit le président, ajoutant que le créateur et producteur de l'émission Mark Burnett "a appelé pour dire qu'il n'existe AUCUNE CASSETTE de The Apprentice où j'utilise un mot si terrible et dégoûtant comme le dit la folle-dingue Omarosa". La Maison Blanche avait déjà démenti la semaine dernière.

Adrienne Sigel avec AFP