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Allemagne: 547 enfants victimes d'abus dans un choeur catholique

Logo du chœur des "Regensburger Domspatzen" ("les Moineaux de la cathédrale de Ratisbonne"), dans le sud de l'Allemagne, le 12 octobre 2016

Logo du chœur des "Regensburger Domspatzen" ("les Moineaux de la cathédrale de Ratisbonne"), dans le sud de l'Allemagne, le 12 octobre 2016 - Armin Weigel, dpa/AFP/Archives

De 1945 jusqu'aux années 90 ils seraient 547 enfants à avoir été victimes d'abus dans un choeur catholique du sud-est de l'Allemagne.

Au moins 547 enfants du choeur catholique allemand de Ratisbonne ont été victimes de sévices, dont des viols, entre 1945 et le début des années 90, selon un rapport d'enquête qui lève le voile mardi sur l'un des pires scandales à frapper l'Eglise en Allemagne.

De ces 547 garçons et jeunes adolescents du choeur des "Regensburger Domspatzen" ("Les moineaux de la cathédrale de Ratisbonne"), quelque 500 ont subi des maltraitances physiques et 67 ont aussi été victimes d'agressions sexuelles, a déclaré Ulrich Weber, l'avocat chargé par l'Eglise catholique de faire la lumière sur cette affaire.

Un bilan revu à la hausse

Le nombre des victimes pourrait en fait être bien supérieur et même dépasser les 700, a estimé M. Weber au cours de la présentation à Ratisbonne, dans le sud de l'Allemagne, du rapport final sur ce scandale qui a éclaté en 2010.

"Nous avons tous fait des erreurs et nous avons beaucoup appris", a réagi dans un communiqué l'évêché de Ratisbonne, qui a depuis revu et adapté la pédagogie au sein du choeur.

Le bilan présenté mardi est largement supérieur déjà à celui rendu public en janvier 2016, lorsque M. Weber avait fait état dans un rapport intermédiaire de 231 victimes de violences physiques, dont des agressions sexuelles.

Les sévices allaient de la privation de nourriture au viol en passant par des coups et d'autres agressions sexuelles, commis par des membres du clergé et des éducateurs. La plupart des cas sont toutefois prescrits et les 49 auteurs présumés des violences identifiés dans le rapport ne devraient donc pas être poursuivis.

20.000 euros d'indemnisation

Chacune des victimes devrait recevoir jusqu'à 20.000 euros d'indemnisation.

Elles ont décrit leur passage dans ce choeur millénaire et mondialement connu comme "une prison, un enfer et un camp de concentration", "le pire moment de leur vie, marqué par la peur, la violence et la détresse", a dit M. Weber.

En janvier 2016, il avait déjà parlé d'un "climat de peur" au sein de l'institution qui abrite également un établissement scolaire allant de la maternelle au lycée.

Les cas de violences ont ainsi été particulièrement nombreux dans la maternelle, a expliqué Ulrich Weber.

C.Br. avec AFP