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Les 82 lycéennes de Chibok libérées vont être reçues par le président nigérian

Les 82 lycéennes libérées des mains de Boko haram

Les 82 lycéennes libérées des mains de Boko haram - STR / RED CROSS / AFP

Les 82 lycéennes de Chibok libérées samedi des mains de Boko Haram vont être reçues par le président nigérian. Après cette libération, 113 adolescentes restent aux mains du groupe jihadiste.

Après avoir été libérées des mains de Boko Haram, les 82 lycéennes de Chibok sont arrivées ce dimanche à Abuja pour rencontrer le président nigérian Muhammadu Buhari. 

Les 82 adolescentes ont été échangées contre des membres de Boko Haram détenus, a expliqué la présidence. "Ca a l'air d'aller, mais elles ont l'air très maigres", a indiqué un membre d'un groupe d'autodéfense de Banki à propos des jeunes filles, dont l'une est, selon lui, accompagnée d'un enfant de moins de deux ans.

"Le président est heureux d'annoncer que les négociations pour la libération d'autres filles de Chibok ont porté leurs fruits, avec cette fois, 82 d'entre elles libérées", a déclaré Garba Shehu, porte-parole de la présidence, dans un communiqué publié dimanche. "Les filles sont attendues à Abuja, et seront reçues par le président", a-t-il ajouté. Celui-ci "a exprimé sa profonde gratitude envers les agences de sécurité, l'armée, le gouvernement de la Fédération Suisse, la Croix-Rouge, ainsi que les ONG locales et internationales", a-t-il fait savoir. 

En 2014, le groupe jihadiste avait enlevé 276 lycéennes dans leur lycée. Ce kidnapping de masse avait provoqué une vague d'indignation dans le monde entier et de nombreuses célébrités mondiales s'étaient mobilisées via le hashtag #bringbackourgirls ("Ramenez-nous nos filles).

Des lycéennes amputées

Parmi les lycéennes libérées, deux ont été amputées. L'une d'une jambe à la suite d'un bombardement de l'armée nigériane sur des postes de Boko Haram, l'autre de la main à cause d'une blessure infectée pendant sa détention. En octobre 2016, 21 lycéennes de Chibok avaient déjà retrouvé la liberté, pour certaines avec des enfants nés en captivité, après des négociations entre Boko Haram et le gouvernement, avec l'aide du Comité International de la Croix-Rouge (CICR) et de la Suisse.

"Neuf véhicules du CICR sont arrivés à Banki par camion vendredi soir", a raconté une source militaire basée dans cette localité proche de la frontière avec le Cameroun. "Ils sont ensuite partis dans la forêt sans escorte et ont ramené les filles à 17H30 (16H30GMT) à Banki".

Les anciennes captives ont passé la nuit dans les baraquements militaires de Banki, avant de partir pour Maiduguri (capitale de l'Etat de Borno) à 6 heures dimanche matin. Elles devaient y prendre un avion pour Abuja, la capitale fédérale, où elles étaient attendues dans la journée.

Le message de Christiane Taubira

Parmi les 276 adolescentes, 113 restent aux mains de Boko Haram. 57 étaient déjà parvenues à s'échapper en avril 2014, juste après le rapt et trois ont été ensuite retrouvées près de la forêt de Sambisa, bastion de la faction de Boko Haram dirigé par Abubakar Shekau qui affirme détenir les lycéennes.

En France, l'ancienne ministre de la Justice Christiane Taubira s'est fendue d'un message sur Twitter appelant à "joindre les mots de toutes les langues pour dire bienvenue à nos filles, redoubler d'efforts pour celles encore captives". 

P.L avec AFP