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Egypte: la France appelle à la libération de Morsi

Laurent Fabius a appelé au dialogue en Egypte.

Laurent Fabius a appelé au dialogue en Egypte. - -

L'ancien président est retenu par l'armée depuis sa destitution, le 3 juillet.

La France appelle à la libération des "prisonniers politiques" en Egypte, dont l'ex-président Mohamed Morsi, a déclaré ce mardi le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius. "La situation est très critique. Nous appelons au refus de la violence et à la libération des prisonniers politiques, y compris l'ancien président Morsi", a déclaré le chef de la diplomatie française lors d'un entretien avec la presse.

Le ministre français a appelé "au dialogue" et a condamné les "brutalités" peu avant de s'entretenir avec la chef de la diplomatie de l'Union européenne, Catherine Ashton. Cette dernière a affirmé mardi au Caire que l'ex-président, gardé au secret par l'armée depuis près d'un mois, allait "bien" et avait "accès aux informations", notamment via la télévision et les journaux. Catherine Ashton avait rencontré durant la nuit l'ex-chef d'État islamiste sur son lieu de détention, toujours inconnu.

Elle s'est refusé à donner des détails sur la localisation de Mohamed Morsi arrêté quelques heures après sa destitution le 3 juillet par l'armée après des manifestations monstres réclamant son départ.

"Nous n'avons pas appelé cela juridiquement un coup d'Etat"

Il n'a officiellement reçu aucune visite jusqu'alors, sa famille s'étant plainte de n'avoir aucun accès à l'ex-président. Dans la nuit, Catherine Ashton a pu se rendre, à bord d'un hélicoptère militaire, sur son lieu de détention et le rencontrer "pendant deux heures", selon sa porte-parole. "Nous avons eu une discussion amicale, ouverte et directe", a assuré la chef de la diplomatie européenne, se refusant toutefois à divulguer le contenu de ces discussions. "Nous avons discuté en profondeur", a-t-elle ajouté. Mohamed Morsi n'est pas apparu en public depuis sa destitution.

Pour Laurent Fabius, "le président Morsi avait été élu dans des conditions régulières mais le sentiment qu'ont eu beaucoup de personnes, c'est qu'il voulait aller vers un islamisme à marche forcée et d'autre part la situation économique était catastrophique". Ce qui explique, selon le ministre français, qu'il ait été renversé. "Nous n'avons pas appelé cela juridiquement un coup d'Etat", car, a expliqué Laurent Fabius, cela impliquerait l'arrêt de l'aide internationale à ce pays et "ce n'est pas le moment de rendre la situation économique plus difficile".

De nombreuses manifestations de soutien

Souhaitant que l'armée égyptienne soit "en retrait", le ministre a souhaité que "le régime qui s'est installé retourne le plus vite possible vers une approche démocratique et refuse les violences". Laurent Fabius a dit s'en être entretenu avec son homologue égyptien ainsi qu'avec le vice-président égyptien Mohamed el-Baradei

Les partisans de Mohamed Morsi organisent régulièrement des manifestations, émaillées de violences meurtrières qui ont fait plus de 200 morts, et observent des sit-in, notamment sur plusieurs places du Caire. Ils ont appelé à une manifestation "d'un million" de personnes mardi pour réclamer la rétablissement du premier président élu démocratiquement du pays dans ses fonctions.

A.D. avec AFP