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Manche: le nombre de migrants naufragés pris en charge par l'Etat a triplé en 2021

Des migrants secourus dans la Manche en février 2019

Des migrants secourus dans la Manche en février 2019 - HANDOUT / SOCIETE NATIONAL DE SAUVETAGE EN MER / AFP

Le nombre de tentatives de traversées de la Manche pour rejoindre le Royaume-Uni est en nette hausse cette année.

Le nombre de migrants naufragés secourus au large de Calais qui ont été pris en charge par l'Etat a triplé en 2021, année record des tentatives de traversées clandestines de la Manche, a indiqué lundi l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii).

"Le nombre de personnes naufragées au large de Calais et mises à l'abri a été de 1.002 en 2021", contre 341 en 2020, soit une augmentation de 194%, a annoncé l'Ofii à l'AFP.

Fin novembre, 27 migrants qui tentaient de rejoindre les côtes anglaises à bord d'une embarcation de fortune ont trouvé la mort dans le naufrage le plus meurtrier sur cette voie maritime, suscitant une vague d'émotion autant qu'un regain de tensions entre Londres et Paris sur le dossier migratoire. Seuls deux candidats à l'exil ont été rescapés lors de ce drame et font partie du millier de migrants pris en charge l'an dernier.

Cette prise en charge représente "un effort financier qui ne cesse d'augmenter", a déclaré le directeur général de l'Ofii, Didier Leschi.

9779 places d'hébergement en 2021

Par ailleurs, le nombre de personnes vivant sur des campements de fortune sur le littoral nord dans l'espoir de passer vers la Grande-Bretagne et qui ont été "mises à l'abri et orientées dans le dispositif national d'accueil a été de 31.103" l'an dernier, en hausse de 239% par rapport à 2020 (9172), a-t-on appris de même source.

Parmi ces exilés, la part de personnes en famille ou "vulnérables" a doublé, passant de 1.158 à 2.273.

Au total, souligne l'Ofii, 9779 places d'hébergement ont été proposées en 2021, essentiellement dans les Hauts-de-France (98%) et 6.950 personnes ont été hébergées.

Les associations qui viennent en aide aux migrants dans la région, elles, accusent régulièrement les autorités de mener une politique dissuasive sur le littoral: plusieurs militants avaient observé une grève de la faim entre octobre et la mi-novembre 2020, pour réclamer un moratoire sur les démantèlements quasi-quotidiens de campements et dénoncer le traitement "inhumain" réservé aux exilés.

"Ne pas prendre en compte les efforts de l'Etat pour prendre en charge la situation complexe de Calais, c'est participer de l'hystérisation des débats sur l'immigration", a rejeté Didier Leschi, qui mène depuis octobre dernier une mission de médiation à Calais pour le compte du gouvernement.

M.L. avec AFP