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"On va arriver à suivre": les brasseurs assurent qu'il n'y aura "pas de pénurie" de bière pour la réouverture des terrasses

Malgré 30 millions de litres de bière à détruire, les brasseurs assurent qu'ils pourront répondre la forte demande en bière qui devrait accompagner la réouverture des terrasses des bars et restaurants.

Pour les retrouvailles en terrasses le 19 mai, la bière ne manquera pas. Contrairement à ce qui pu être observé en Angleterre, où la demande a mis la filière brassicole en forte tension, "on n'aura pas de pénurie" en France, a assuré sur BFM Grand Lille ce mardi Vincent Bogaert, président du syndicat des brasseurs des Hauts-de-France.

"On s'attendait déjà à refabriquer, on avait à peu près une date butoir. On s'est remis à travailler, on va arriver à suivre", a-t-il affirmé.

"6200 euros" par brasserie

Pour la filière, l'ouverture des terrasses représente une première bouffée d'air frais. Privés de débouchés dans les restaurants, bars ou festivals depuis l'automne dernier, les brasseurs des Hauts-de-France n'ont plus d'autres solutions que de jeter leur production qui ne peut plus être consommée.

"Il y a trente millions de litres à détruire", selon Vincent Bogaert, soit trois fois plus qu'après le premier confinement. A l'époque, la profession s'était retrouvé "avec dix millions de litres de bière qu'on ne pouvait pas consommer et nous avions demandé une enveloppe d'à peu près 5 millions d'euros", explique le patron de la brasserie Saint-Germain, située à Aix-Noulette, dans le Pas-de-Calais.

Cette fois-ci, il réclame le triple, soit une nouvelle aide de l'Etat de 15 millions d'euros. "Ce n'est pas énorme, c'est un accompagnement, estime Vincent Bogaert. Quinze millions pour 2400 brasseries sur le territoire français, ça fait juste 6200 euros pour nous accompagner à détruire, et non gagner de l'argent".

Terrasses et bouteilles pour rebondir

Pour se sortir de l'ornière, la filière peut aussi compter sur les évolutions de la consommation de bière, engendrées par la crise du Covid-19. Ainsi, tandis que les brasseries spécialisés dans une activité "café-hôtel-restaurant" ont enregistré "une perte de 30 à 60% de leur activité", celles spécialisés dans la vente de bouteille "ont très bien résisté, voire même fait plus",

"La France était très en retard sur la consommation de bière en bouteille et ne jurait que par la bière pression (...) C'est peut-être un créneau à explorer", avance le président du syndicat des brasseurs, qui appelle dans le même temps la profession à s'appuyer sur le regain d'intérêt des consommateurs pour les produits locaux.

Benjamin Rieth Journaliste BFM Régions