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Coronavirus: les brasseurs français vont détruire 10 millions de litres de bière, faute de débouchés

Les brasseurs manquent de débouchés

Les brasseurs manquent de débouchés - EMMANUEL DUNAND / AFP

Le syndicat des Brasseurs de France réclame un soutien des pouvoirs publics alors que 25% des brasseries sont totalement à l'arrêt depuis le début du confinement.

Les brasseurs lancent un appel à l’aide. Avec la fermeture des cafés et restaurants, l’annulation des festivals et la chute de l’activité touristique, la filière tourne au ralenti depuis le début du confinement. Au point qu’elle va devoir détruire dix millions de litres de bière, majoritairement en fûts, ce qui aura un coût non négligeable pour les professionnels du secteur.

"Toutes les entreprises sont fragilisées. A la fin de l’hiver, les brasseurs ont constitué des stocks pour la saison à venir qu’ils n’ont pu écouler faute de débouchés", expliquent les Brasseurs de France.

Le syndicat professionnel de la brasserie française a d’ailleurs mené une enquête* pour rendre compte de la situation critique de ses adhérents. Au total, une brasserie sur quatre est totalement à l’arrêt tandis que 40% accusent une baisse d’au moins 60% de leur production. 68% d’entre elles déclarent également bénéficier du dispositif de chômage partiel, 50% d’un prêt garanti par l’Etat et 25% du Fonds de solidarité. 

Les brasseurs réclament des mesures de relance

Dans les circonstances actuelles, trois brasseries sur quatre se disent "très préoccupées par leur niveau de trésorerie". D’autant que 70% d’entre elles affirment avoir perdu 50% ou plus de leur chiffre d’affaires. 30% des brasseurs disent par ailleurs avoir 25% d’impayés et 10% plus de 50% d’impayés auprès de leurs clients. 

Si le syndicat Brasseurs de France "salue les mesures d’urgence mises en oeuvre jusqu’à présent par le gouvernement", il réclame un "plan de relance fort" pour "accompagner la reprise" du secteur du tourisme. Il demande notamment l’exonération de charges patronales et de production en 2020, le prolongement du chômage partiel, la réduction du taux de TVA, une aide à la destruction des stocks de bière ou encore la prise en charge par les assurance d’une partie des pertes d’exploitation. 

"Sans ce soutien indispensable, des centaines de brasseries risquent de disparaître, entraînant avec elles des milliers d’emplois, directs et indirects, et mettant en péril la richesse qui caractérise aujourd’hui la brasserie française sur l’ensemble du territoire", affirme Matthias FEKL, président de Brasseurs de France. 

*Le syndicat Brasseurs de France a consulté entre le 24 et le 30 avril 2020 l’ensemble de ses adhérents (près de 300 entreprises représentant 98% du marché français) sur les impacts de la crise liée au COVID-19.

Paul Louis