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Retraites: si aucun accord n'est trouvé, Berger estime que "la réforme aura été plantée par le gouvernement"

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Le leader de la CFDT a appelé le gouvernement à intégrer des "éléments de justice sociale beaucoup plus forts" dans son projet de réforme, notamment en matière de pénibilité.

Laurent Berger n'est toujours pas convaincu par la réforme des retraites telle qu'elle est proposée par le gouvernement. Interrogé sur RMC et BFMTV ce vendredi, le secrétaire général de la CFDT a indiqué que le texte ne lui convenait pas "dans sa rédaction actuelle". Avant de réclamer un système universel avec "des éléments de justice sociale beaucoup plus forts, beaucoup plus marqués que ce qu'il y a dans le projet". 

Invité à se mettre dans la peau d'un élu, Laurent Berger a fait savoir qu'il ne voterait pas "en l'état" le texte de loi. Et si le gouvernement refuser de prendre en compte les revendications de la CFDT en faveur de la justice sociale mais aussi sur le financement du futur système, "on dira que la réforme des retraites a été plantée par le gouvernement", a-t-il prévenu. 

Selon lui, "créer un système universel, c'est extrêmement compliqué". "Nous avons dit au gouvernement: 'Vous ne pouvez pas chercher un objectif purement budgétaire', et c'est malheureusement ce qu'il a fait. On refuse que cette belle idée soit balancée parce qu'on aurait des logiques budgétaires", a-t-il poursuivi.

Reconnaissance de la pénibilté

Parmi les éléments de justice sociale, le secrétaire général de la CFDT réclame avant tout une "reconnaissance pleine et entière de la pénibilité" dont les conditions seraient fixées par les branches professionnelles. "Avec un supplétif: si les branches professionnelles ne se mettent pas d'accord pour savoir quelles catégories de salariés peuvent bénéficier de dispositifs de compensation, "il faudra que l'administration prenne ses responsabilités et le dise à leur place". 

Laurent Berger a également sommé le gouvernement de prendre des mesures sur les retraites progressives, le minimum des pensions ainsi que les conditions de transition entre l'ancien et le nouveau système de retraite. 

"C'est au regard de tout ça que la CFDT, à la fin, se positionnera et dira ce qu'elle pense de cette réforme", a-t-il indiqué Laurent Berger. Interrogé sur la possibilité d'appeler à la grève, il a répondu que la CFDT "ne se refuse aucune modalité d'action".

Paul Louis