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Jean-François Pilliard (Medef): "On n'est pas dans une logique de réforme" sur les retraites

Jean-François Pilliard était l'invité de BFM Business, ce mardi 27 août.

Jean-François Pilliard était l'invité de BFM Business, ce mardi 27 août. - -

Le vice-président du Medef en charge du pôle social était l'invité de BFM Business, ce mardi 27 août. Il est notamment revenu le "geste" que le gouvernement est prêt à faire sur le coût du travail.

Jean-Marc Ayrault achève, ce mardi 27 août, son dernier tour de consultation des partenaires sociaux.

Jean-François Pilliard, faisait partie de la délégation du Medef reçue la veille par le Premier ministre, et était ce mardi l'invité de BFM Business.

Celui qui est ainsi plus particulièrement en charge du dossier des retraites au sein de l'organisation patronale a émis ses doutes sur les propositions avancées par le Premier ministre pour rééquilibrer le système.

"Nous avons un problème structurel concernant les retraites", a-t-il avancé. Or "les réponses [communiquées hier, ndlr] ne nous semblent pas à la hauteur de ce problème structurel". "A notre avis, au lieu de s'attaquer aux problèmes fondamentaux", le gouvernement "effectue des aménagements" et "n'est pas dans une logique de réforme", a-t-il expliqué.

34 milliards d'euros pour la politique familiale

Il a ainsi regretté le virage pris par le gouvernement, c'est à dire une hausse des prélèvements.

Jean François Pilliard est ensuite revenu sur le fameux "geste" que Jean-Marc Ayrault a évoqué lundi devant le Medef, qui constitue un sujet "en parallèle" de la négociation menée sur les retraites.

"Le Premier ministre nous a dit 'Je vous invite à travailler avec nous pour examiner les opportunités d'alléger le coût du travail'", a rapporté Jean-François Pilliard.

Ce dernier a estimé qu'un lien entre la négociation sur le coût du travail et celle de la réforme des retraites "peut se faire". A ce titre, il a rappelé une des revendications du Medef: transférer les 5,4 points de charges que les entreprises paient pour la politique familiale "vers la solidarité nationale, soit par la TVA ou la CSG". A ce moment là, le Medef est prêt à abandonner "0,1 point de cotisations pour financer les retraites".

En somme, le Medef propose de transférer le coût du financement de la politique familiale, qui représente 34 milliards d'euros. "On peut se demander s'il est légitime que l'entreprise finance à une telle hauteur la politique familiale", s'est interrogé Jean-François Pilliard.

Il a ainsi appelé à faire le distinguo entre "les charge qui relèvent d'une politique d'entreprise et celles qui relèvent de la solidarité nationale". Ce qui, selon lui, est le cas de la politique familiale.

Julien Marion