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Pour Gérald Darmanin, la réforme des retraites est une "question de dépense publique"

Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des Comptes publics

Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des Comptes publics - AFP

Lors d'une audition parlementaire, le ministre de l'Action et des Comptes publics a présenté les réformes qui contribueront à la baisse de la dépense publique en 2019 et 2020. Parmi elles, l'explosive réforme des retraites grâce à l'allongement de la durée de cotisation.

Le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, a affirmé ce mercredi que la réforme des retraites, dont le projet de loi doit être présenté à la rentrée, est une question de "dépense publique", lors d'une audition parlementaire.

"Nous avons en 2019 et 2020 des réformes qui continuent à baisser les dépenses publiques", a affirmé le ministre devant la Commission des finances du Sénat, citant trois exemples: l'assurance chômage, la réforme de l'audiovisuel public et celle des retraites.

"Je vous rappelle les décrets d'allocation-chômage. C'est un point très important de la baisse des dépenses publiques", a-t-il expliqué aux sénateurs. "La réforme de l'audiovisuel public, présentée bientôt par le ministre de la culture (Franck Riester), c'est une réforme aussi de baisse des dépenses publiques".

"Si vous bougez les années de cotisation, vous avez un certain nombre d'économies"

Il a ensuite cité "la réforme des retraites. Je vous rappelle que 14 points de PIB consacrés à la retraite, c'est une question de dépense publique", a affirmé le ministre, provoquant la surprise du président de la commission, le socialiste Vincent Eblé (Seine-et-Marne).

"J'ai été ravi d'apprendre, parce que je l'ai appris, que la réforme des retraites avait pour but de faire des économies", a réagi le sénateur. "J'avais cru comprendre juste le contraire, que c'était une réforme de justice, mais qui en aucun cas avait pour but de conduire à des économies", a-t-il ajouté. "Je pense à nos enfants et à nos petits-enfants", a répondu le ministre, renvoyant le sénateur aux annonces du président Emmanuel Macron lors de sa conférence de presse à fin avril.

"Il a évoqué de bouger non pas l'âge légal (de départ à la retraite), mais la durée des cotisations. Et si vous bougez les années de cotisation, vous avez un certain nombre d'économies", a-t-il ajouté. Lors de sa conférence de presse, Emmanuel Macron avait promis de maintenir à 62 ans, mais il avait évoqué un allongement de la durée de cotisation. Pendant la campagne présidentielle, le candidat Macron affirmait dans son programme que "le problème des retraites n'est plus un problème financier".

Paul Louis avec AFP