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Agnès Buzyn: la réforme des retraites devrait être prête "cet été"

La ministre de la Santé a indiqué ce jeudi sur BFMTV-RMC, qu'étant donné le rythme des négociations avec les partenaires sociaux, le projet de loi de réforme des retraites devrait être prêt et présenté cet été.

Invitée de BFMTV-RMC ce jeudi, Agnès Buzyn a précisé le calendrier de la réforme des retraites. "Telles que les concertations se passent aujourd'hui avec les partenaires sociaux, nous pensons que nous pouvoir aboutir à un projet de transformation de notre système de retraites à l'été", a précisé la ministre de la Santé. "Nous pensons aboutir à un schéma général cet été qui pourra être présenté" en conseil des ministres.

L'objectif est de fusion les régimes de retraites pour aboutir à un régime universel où "chaque euro cotisé donnent les mêmes droits", selon la formule déjà présenté dans le programme présidentiel d'Emmanuel Macron. Le texte sera-t-il voté d'ici la fin de l'année? "Je ne connais pas le calendrier parlementaire", a répondu la ministre. 

La ministre a exprimé une "généralité" sur la durée de travail

Agnès Buzyn est également revenu sur la polémique née de ses déclarations dimanche sur un possible allongement de la durée du travail, qui a semé la confusion sur la fixation de l'âge de départ à la retraite. La ministre, puis le Premier ministre et enfin le Haut commissaire en charge de la réforme ont rappelé qu'il n'était pas question de modifier l'âge légal de départ, fixé aujourd'hui à 62 ans. 

"Ce qui est discuté avec les partenaires sociaux c'est la durée du travail. Il est proposé que certains puissent travailler plus longtemps", a rappelé Agnès Buzyn. Il serait notamment question d'inciter les gens à partir plus tard en retraite en leur proposant une surcote. La ministre a rappelé que ce dispositif est encore "en concertation" et que rien n'est encore décidé à ce sujet. 

Elle est également revenu sur ses propos de dimanche, expliquant qu'elle avait exprimé une "généralité" que compte tenu de l'allongement de l'espérance de vie en bonne santé, certaines personnes, dans certaines professions, comme les médecins, peuvent partir plus tard. 

"Je pense que certains d’entre nous peuvent travailler plus longtemps. Pas tout le monde, nous le savons que certaines personnes en fonction des métiers, en fonction aussi de l'état de santé peuvent avoir des difficultés à travailler au-delà d'un certain âge", a nuancé la ministre. "J'ai dit que nous aurons certainement à travailler plus longtemps, c'est une question qui se pose, c'est une généralité."

"Le sens de mes propos c'était que: nous savons que la durée de vie augmente, nous savons qu'un certain nombre d'entre nous vont vivre très longtemps et en bonne santé, ça n’est pas le cas de tout le monde. [...] L’âge est en discussion notamment quand on est en pleine capacité, en bonne santé et que l’on sait qu'on va passer 20, 25, 30 ans à la retraite."

Indexation des retraites: "à ce stade, rien n’est arbitré"

En attendant de connaître dans les détails le contenu de cette réforme, le gouvernement a un autre dossier chaud sur les retraites à traiter: la question de la réindexation sur l'inflation. Pour mémoire, l'exécutif a décidé de ne revaloriser que de 0,3% les pensions en 2019 et 2020, alors que l'inflation en 2018 était de 1,8% et devrait se situer au-dessus de 1% cette année. Cette mesure déplaît beaucoup dans l'opinion publique. La revalorisation des retraites au niveau de l'inflation, voire au-dessus, fait partie des revendications des gilets jaunes.

Pour des raisons techniques, le conseil constitutionnel a censuré la désindexation pour 2020, le gouvernement va donc de toute façon devoir réécrire la mesure. L'idée de réindexer au moins les petites pensions fait son chemin. 'La question du pouvoir d'achat des retraités avec les plus petites pensions est clairement posée sur la table, après jusqu'où devons-nous aller sur une réindexation", a concédé Agnès Buzyn. Toutefois, "aucune décision n’est prise [...] à ce stade, rien n’est arbitré", a-t-elle martelé, mais cela fait partie des remontées du grand débat et le gouvernement est "obligé de prendre en compte ce qui remonte le plus fortement". La décision n'est pas sans coût pour les finances publiques, car la sous-revalorisation lui fait économiser 1,8 milliard d'euros cette année.

Jean-Christophe Catalon